Et si ce que l’on cherche à atteindre nous éloignait de ce que l’on est déjà ?
On croit que ça ira mieux quand.
Quand on aura coché toutes les cases, qu’on sera reconnu, validé, visible.
Alors on avance, on prouve, on grimpe avec, parfois, l’impression de courir à côté de soi.
Et un jour, ça flanche.
La motivation fatigue, le sens s’effrite, et une question monte – claire, implacable, un peu vertigineuse : « Tout ça… pour quoi, exactement? »
Le mirage de la réussite parle de ce moment-là.
Pas d’un échec. D’un réveil.
Celui qui surgit quand l’extérieur ne suffit plus à apaiser l’intérieur. Quand le désir d’être « à la hauteur » se révèle pour ce qu’il est : un contrat invisible, fondé sur la peur de ne pas être assez.
Ce texte court ne condamne pas la réussite. Il en dévoile les dessous : le manque qu’elle tente de combler, la valeur qu’on croit devoir mériter, la tension d’un moi toujours à défendre.
Il n’offre pas de réponse, mais ouvre une brèche. Celle où l’on commence à poser les armes.
Celle où l’on découvre que ce qu’on cherchait n’était jamais « au bout », mais déjà là, dans un rapport plus simple, plus vivant, plus vrai à soi.

