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Verticalité, de Charles Antoni

Charles Antoni


Objectif Verticalité

Charles Antoni, auteur de Verticalité
Charles Antoni, auteur de Verticalité

Qu’est-ce donc qu’une vie ? Et que dire de la mienne quand je la regarde sous le prisme de mes recherches ? Je vois des chemins parcourus et multiples et des occasions que j’appelle opportunités, elles ont jalonné ma quête de verticalité. En effet le lecteur peut être surpris de la disparité des contenus.

Je lui propose donc de parcourir cet ouvrage en indiquant qu’il y a, sous-jacent, un fil conducteur. Chacune de mes expériences, chacun de mes voyages ou de mes rencontres est sous-tendu par cet objectif de Verticalité.

Tout a été pour moi objet de curiosité inlassable à laquelle j’ai tenté de donner une ligne directrice, la verticalité. Ainsi je ne me suis pas laissé détourner du chemin que je m’étais tracé dès mes premières lectures, mes premières découvertes.

Qu’il s’agisse de ces domaines si différents tels que la musique, le football, les médecines extrêmes orientales et bien d’autres, sous les apparences j’ai cherché à révéler la Tradition. Ou du moins j’ai tenté d’aller au cœur des choses comme je me suis efforcé également de retrouver les grands signes contenus dans les mythes. C’est toujours cette même Elévation qui me guide : le Sublime voguant au-dessus de l’horizontalité commune. Comme le rappelle également dans sa forme poétique le mot baudelairien d’Albatros. Parabole de cette verticalité de l’être totalement étranger au monde comme il va.

C’est toujours une sorte d’Albatros empêtré qui tente de transcender l’engluement éternel. Pourvu que je découvre mon chemin donc ma véritable source. Bien sûr on ne trouvera pas dans cet ouvrage d’ultime réponse à ce qu’est la Verticalité mais comment on y va, comment on tend vers elle.

Charles Antoni, Paris, Juillet 2010.

Amour pour la liberté

Ce n’est pas une relation passionnelle avec son fume-cigarette qui pourrait contredire son amour pour la liberté, celle qu’on se donne à soi-même. En quoi d’ailleurs y aurait-il là matière à le contredire ? Tout juste question de souligner gentiment l’apparent paradoxe. On n’est pas forcément d’accord avec Charles Antoni, au demeurant, il force l’admiration. Vivre sa vie, telle est l’injonction qu’il propose et qu’il s’offre à lui-même. Ce qu’il nous expose ici à travers la verticalité. A nous de disposer. S’il a choisi l’écriture, ou même si elle l’a choisi, il voudrait consacrer davantage de temps à ses livres. Il va sans dire qu’il ne connaît jamais l’ennui.

Entre lecture et écriture

Les livres ? Une passion également entre lecture et écriture, là encore, le temps lui manque, parfois pour s’y consacrer pleinement mais on peut aisément constater l’attachement qu’il leur porte. Une belle fidélité. Ecrivain, lecteur, éditeur, avec lui, nous ne sortons pas du cercle des mots mais on se méprendrait à croire qu’il oublie de vivre pour autant. Simplement, il ne choisit pas entre l’écriture et la vie, elles sont intimement liées, alors tout devient pour lui objet d’interrogation, matière à penser donc à écrire. L’essentiel étant d’abord et avant tout ce qu’il ressent. Et de nous demander souvent : « Que ressens-tu ? » Nous rappelant ainsi sans doute à des fondamentaux.

Baroudeur de l’absolu

Charles Antoni est resté fidèle à lui-même, il a gardé tout au long de sa vie, riche au demeurant, les options fondamentales qui valent objectifs indéfectibles : le socle n’a pas changé depuis ses premiers engagements et ses premiers voyages. Toujours revenir à ce qu’il appelle la Verticalité. Le terme du voyage est identique à son « Originel » même si le voyage est infini… Baroudeur de l’absolu, il circule encore et toujours sur la route…

Alors, lorsqu’il trouve devant lui un interlocuteur qui veut en savoir davantage, sur sa vie son oeuvre son parcours hors du commun, ses voyages, et sa quête insatiable, il devient intarissable. Ici on trouvera, rassemblées les traces écrites des différentes étapes de son parcours. Homme d’expérience, il est aussi un homme de paroles, à tous les sens du terme.

Sa voix pleine et chaleureuse

L’oralité lui convient et sa voix pleine et chaleureuse, qui le caractérise et en dit long sur son être, accompagne le discours. Les mots ne sont pas vides, ils sont précis. Alors nous sommes sous le charme, captivés par les chemins de parole qu’il dessine devant nous. Il ne nous reste plus qu’à suivre les traces qu’il veut bien proposer, nous laissant, bien sûr, le loisir d’en disposer. Libre à nous de construire notre propre route…

Et il serait contradictoire qu’un homme libre veuille défaire la liberté d’un autre. Les âmes fragiles ou récalcitrantes au questionnement sur soi s’abstiendront mais sous l’apparente dureté, sous les provocations, il faut toujours considérer l’homme bienveillant. Et l’on apprendra alors à se déprendre de soi.

S’il endosse les costumes les plus extravagants c’est pour mieux laisser l’autre se défaire des siens : qu’on entende bien cela pour savoir qu’il n’y a pas tant de danger à le côtoyer… quoi qu’il en dise. Il y a juste à mesurer notre propre taille. Juste savoir ce que l’on peut. Et ajuster.

Cette verticalité dont il fait l’éloge

Alors, si l’on peut formuler quelque souhait à son endroit, disons qu’on attend de lui qu’il déploie ses possibles, son envergure déjà grande, on attend qu’il écrive, qu’il vive sa vie, libre d’en décider…

Et nous aimons comme il aime à le souligner le voir se pencher sur sa feuille blanche, pour la remplir de son écriture spontanée, ses journaux ou d’autres chantiers de sa calligraphie si caractéristique, déchiffrable par lui seul.

On attend donc de voir ou plutôt de lire impatiemment même si ce qui le caractérise c’est cette lenteur dont il fait l’éloge et qui dans sa personne devient vertu ennoblissant l’homme contre les exigences d’une société débridée, éprise de rapidité où l’on veut tout, tout de suite, sans doute parce que l’essentiel manque souvent.

La verticalité, un repère, un phare

La rigueur qu’il s’octroie et qu’il exige des autres n’est en aucun cas un frein à la qualité, elle en est la condition : les choses, dit-il souvent, se feront ou bien encore, « laissons-les venir ». Ce qui n’est pas dans son propos le signe d’un laisser-aller, simplement un art de vivre.

Pour toutes ces raisons, Charles Antoni est pour son entourage et pour ses lecteurs fussent-ils éloignés géographiquement, un repère, un phare autour duquel il devient possible de rayonner. Et l’Originel appelé par ses habitués le « Centre » n’est pas seulement un lieu de travail mais de rencontres, d’échanges, de passage du temps, celui de l’infini voyage dont l’Âme est assurément son fondateur et son continuateur, c’est-à-dire lui-même.

Préface de Paule Orsoni

Radio Ici et Maintenant, Entretien avec Charles Antoni

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Le bâton portugais : un art martial à redécouvrir

Jogo do pau

L’art du bâton au Portugal remonte à la tradition celtique

Jogo do pau

L’art du bâton portugais remonte à la tradition celtique, qui s’est installé principalement au Minho (nord), région celtique par excellence. On distingue principalement deux grandes écoles. L’école du Nord (Minho), et l’école de Lisbonne, une synthèse des techniques des régions du centre, spécialement dans le contrajogo, également appelé escrime du bâton.
Par Antonio do Rosârio Texeira.

Ame secrète du portugal

Art martial et élément de pratique ludique

Depuis les âges les plus reculés, l’homme a utilisé le bâton comme compagnon de ses marches et comme arme de protection. Avec le temps, il s’est transformé, ici et là, en instrument d’art martial et en élément de pratique ludique.
Aujourd’hui encore, il existe des tribus africaines qui pratiquent des combats au bâton, plus ou moins contrôlés, mais avec différentes évolutions. Cela conduit des combats, ou simplement des entraînements, plus ou moins dangereux, parfois même mortels.

Depuis des millénaires

Les différences sont parfois énormes entre les évolutions de ces techniques. En vérité, il existe des pratiques du bâton qui n’ont quasiment pas évolué pendant des siècles, particulièrement en Afrique.

Le bâton au passé : compagnon et symbole

Les différences d’évolution résident toujours dans la qualité de la défense, principalement dans le travail des jambes et dans l’évaluation exacte des distances. C’est ce développement d’attention, de concentration, mais aussi d’anticipation aux réactions de l’adversaire qui permet une sécurité aux contre-attaques, au moment juste.

Un véritable yoga

Le jeu de Pau est une danse, un véritable yoga. En effet, si les émotions et le mental sont contrôlés, nous sommes en présence d’une véritable voie martiale, dont la finalité est l’ouverture vers l’inconnu les réactions de l’adversaire, le développement de notre posture, de notre énergie et de notre capacité à prévoir les décisions et mouvements de l’adversaire.

Un peu d’histoire

Dans l’ancienne Egypte, plusieurs bas-reliefs présentent des scènes de combats sportifs avec plusieurs types de bâtons. Sont représentés, dans des tombes datant du troisième millénaire avant J.-C., des personnages luttant ou faisant des compétitions avec des bâtons. Nous pouvons même dire que tous les pays ont connu, avec plus ou moins d’intensité, des jeux de bâton, des arts développés pour que l’homme de la campagne, de la montagne, ait la possibilité d’amplifier sa capacité de défense relativement aux milieux hostiles, aux animaux sauvages et parfois à l’homme lui-même. Dans les villes, cette arme a souvent servi d’outil pour le développement des réflexes, de la coordination motrice, de la capacité d’auto-défense et de résistance physique.

Des noms très différents

Les noms donnés à ce type d’arts sont évidemment très différents les uns des autres ; parfois le sens est tout simplement celui du bâton : c’est le lathé de l’Inde (un bâton de bambou), le jang-bong de la Corée ou le bo du Japon (Okinawa), avec ses variétés : han-bo, jo, tan-bo, bâtons de différentes dimensions.
L’Europe n’a pas fait exception, et cet art martial s’est développé, par le passé, en France, en Angleterre, en Italie (qui conserve aujourd’hui la Paranza) et au Portugal, sans oublier les “les atlantiques comme les Açores et les Canaries.

Une adaptation aux pratiques indigènes

Les Portugais, pendant l’expansion des découvertes, du XIVe au XVIe siècle, emportèrent leur ancienne pratique du bâton en ces îles, et parfois l’adaptèrent aux pratiques indigènes (comme dans les “les Canaries). Ils l’ont ainsi diffusée au Brésil, en Afrique et en Inde (nous avons connaissance d’une région indienne, au sud de Goa, qui pratique le bâton portugais).

Le bâton au moyen âge

Le bâton, au moyen âge, fut aussi un élément très important de la formation du chevalier, principalement dans la phase préparatoire, celle d’écuyer. Le jeune compagnon apprenait à travailler le bâton, le tir à l’arc, par la suite la lance et l’épée. Combattre avec une épée sans avoir étudié le bâton est, à notre avis, une absurdité, car il est nécessaire de frapper pour apprendre les angles de défense réels, et pour ce faire le bâton est le substitut idéal de l’épée. Il est vrai que le bâton est une arme de frappe et que l’épée est une arme de coupe ; s’entraîner avec des épées aiguisées, c’est tout simplement les détruire.

Le bâton, un important symbole de pouvoir et d’équilibre

Sans la garde de mains, le bâton est même plus difficile à travailler ; une autre raison, c’est qu’il était idéal pour l’entraînement des jeunes aux angles corrects des gardes.
En outre, le bâton reste un important symbole de pouvoir et d’équilibre, et même un support de l’illumination ; c’est la raison du sceptre des pharaons, du bâton de maréchal ou de vice-roi des Indes, de la baguette des chefs d’orchestre ou de celle, magique, des fées. Il a été et continue à être le bâton du compagnon constructeur (instrument de mesure), comme il était jadis le litus de l’augure romaine et le rudis du gladiateur.

L’arme idéale

Pour le moine, dans le passé, il représentait l’arme idéale, car il n’était pas perdu comme tel mais comme l’auxiliaire des longues marches. Bien manipulé, le bâton pouvait se confronter avec toutes les autres armes de courte distance. Il présente même des avantages de distance et permet de blesser gravement ou légèrement.

Le bâton de Brahma

En Orient, il était aussi le symbole du canal central (sushumna), le bâton de Brahma, qui conduit à la transcendance des opposés, à l’illumination ou à la sagesse. En Occident, il reste présent dans le neuvième Arcane majeur du Tarot, l’Hermite, avec son bâton de support et sa chandelle pour éclairer le chemin. Une autre image se rencontre aussi en Occident, Juno Lucina, déesse romaine, la mère qui donne la lumière (lucina), et qui a donné son nom au mois de la lumière, du solstice d’été, Juin ; elle aussi était représentée avec un bâton.

Le bâton portugais traditionnel

Une partie de l’habillement des paysans

Au Portugal, dans le passé et jusqu’à notre siècle, le bâton n’était pas seulement un élément de pratique ludique, il faisait également partie de l’habillement des paysans dans toutes les régions du pays.
Le bâton est le compagnon des bergers des montagnes du nord et du centre du Portugal comme les saloios de l’Estrémadure (centre), comme encore, par exemple, les campinos (gardiens de taureaux) des marais du Ribatejo (centre) ou les cultivateurs de l’Alentejo.

Une tradition celtique

Nous pensons que l’art du bâton portugais remonte à la tradition celtique (celtibérique) parce que, comme le triple saut et le hockey faisaient partie des jeux celtiques du passé, cet art s’est installé principalement au Minho (nord), région celtique par excellence, où l’on trouve également des danses de bâton typiquement celtiques. Il est intéressant de voir que pau signifie bâton mais aussi, en langue celte, village.

Aujourd’hui, les plus âgés parlent de leurs familiers qui jouaient au bâton, cela est vrai, mais rarement ces personnes ont été de vrais joueurs de bâton, n’ayant pas travaillé dans une école. Ils portaient et manipulaient le bâton, mais ce n’étaient pas de véritables joueurs de bâton.

Une technique très sophistiquée de bâton conique

Au Portugal s’est développée une technique très sophistiquée de bâton conique – o varan ou cajado -, avec une distance de 1,50 m entre le bâton long et le bâton court. Les bois sont des branches de châtaignier, de chêne ou de roseau, selon les régions, mais le bâton portugais a presque toujours été fabriqué de branches d’alisier, en raison de sa résistance, de son élasticité et de sa plasticité ; même le son des coups est différent. Adoptant une façon de parler orientale, on peut dire que cet art est un jeu de l’élément bois (ou vent), et ceci montre la liaison avec les éléments spiralés des bâtons quand ils étaient dans les arbres, comme dans les mouvements exécutés lors des frappes.

Différents styles du jeu de Pau au Portugal

Il existe différents styles du jeu de bâton portugais (au nord, à Lisbonne ou dans les Açores), mais nous pouvons distinguer principalement deux grandes écoles : l’école du Nord (Minho), dont la technique s’est développée essentiellement au combat et dans les foires, avec sa varrimenta (un balayage suivi d’une attaque en biais), ses mouvements continus par devant et en arrière comme une toupie et encore ses attaques en rotation contraire, ses jeux de deux, de trois, du milieu, des croix, etc.

L’école de Lisbonne

L’école de Lisbonne, qui effectue une synthèse des techniques des régions du centre du pays, spécialement dans le combat entre deux adversaires le contrajogo, également appelé escrime du bâton, aujourd’hui travaillé avec grande vitesse et précision. Elle dérive des anciens moulinets du nord et du centre, techniques communes du passé aujourd’hui obsolètes, mais excellentes pour développer la coordination motrice et préparer les gardes et les attaques. Elle s’est essentiellement développée dans le travail des jambes et dans les techniques très vives et efficaces d’attaque, particulièrement les cortes (coups), l’unique forme correcte d’esquives sans exécuter des gardes.

Pour conclure

Que signifie enfin joueur (en portugais jogai) ? C’est pratiquer, conjuguer (conjugar) notre énergie avec celle de l’adversaire dans une danse d’énergie et d’harmonie. Qui voit jouer les Portugais comprend directement cette union d’énergies nécessaire pour qu’ils ne se touchent pas. C’est l’harmonie des corps et des esprits, un yoga ou un budo seulement les pratiquants portugais ne le savent pas, ce qui n’est, certes, pas très important.

Plus important est l’ignorance complète des autorités et des gens cultivés c’est la raison pour laquelle cet art a été, il y a quelques années, près de disparaître définitivement. Insistons encore sur le mot yoga (ou do). Pour le réaliser il est nécessaire de déconnecter les pensées, exactement comme pour jouer du bâton avec harmonie et vitesse. Nous sommes seulement là, relaxés et ouverts, pour recevoir les attaques de l’adversaire et équilibrer cette énergie avec une défense et une contre-attaque, ou coupe.

Nous savons que c’est la racine sanskrite yug qui a donné yoga, mais aussi, en portugais, jug des boeufs (joug) et conjuir (conjuguer). Cette racine a-t-elle également donné aussi le mot jogo ? Peut-être. Je réaffirme que jouer au bâton c’est conjuguer les énergies physiques et spirituelles, c’est atteindre le mouvement juste et l’équilibre parfait. Jouer est beaucoup plus important que combattre, mais ceci a toujours été difficile à comprendre.

Ame secrète du portugal.

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Portrait intime de Gurdjieff par Paul Beekman Taylor

G.I. Gurdjieff

Un groupe d’élèves recueillit les propos de Tchesslav sur Gurdjieff

G.I. Gurdjieff

A la mort de Gurdjieff, Tchesslav, qui vivait et travaillait à Paris, forma un groupe d’élèves qui recueillirent les propos de Tchesslav sur Gurdjieff, souvenirs qu’il réécrivit à Formentera lors de sa retraite.
Plusieurs années après sa mort, ses mémoires furent retrouvées dans le grenier de la petite maison de Formentera par l’un de ses amis et élèves, Michel Kalt, qui donna son accord pour cette publication.

Dans le passé les critiques déplorèrent qu’aucun livre sur Gurdjieff n’arrivât à donner une idée exacte de Gurdjieff en tant qu’homme, et qu’il soit toujours présenté comme un mage et un magicien. Tchesslav Tchechovitch a maintenant comblé ce manque. Son livre est un extraordinaire portrait intime de Gurdjieff. On le découvre conteur, docteur, psychologue, homme d’affaires, enseignant, conseiller financier, et ami, dont la générosité d’esprit fut au-delà de la mesure de l’auteur.

Ouspensky lui fit rencontrer Gurdjieff en 1921

Tchesslav Tchechovitch, de souche polonaise, est né en Russie en 1895. Il servit comme officier dans l’armée impériale du Tsar pendant la première guerre mondiale, déserta ensuite durant la Révolution Bolchevique et débarqua à Constantinople où il devint l’élève d’Ouspensky, qui lui fit rencontrer Gurdjieff en 1921.

Depuis ce moment-là, il fréquenta régulièrement le 35 rue Djéménedji à Constantinople où il devint l’ami ainsi que l’élève de Gurdjieff. Il le suivit par la suite à Berlin, à Paris, et au Prieuré d’Avon.
Il fit également partie de la troupe de Gurdjieff lors de prestations aux Etats-Unis en 1924. Pendant l’occupation allemande, il faisait partie d’un petit groupe d’élèves qui participaient au travail de Gurdjieff.

A l’Hôpital Américain de Paris où mourut Gurdjieff, il était aussi à ses côtés.

Ces mémoires sont une série d’anecdotes,

en tous les lieux qu’il traversa avec Gurdjieff, entrecoupés de brefs rappels concernant sa propre vie. Tchesslav fut prestidigitateur, athlète de cirque, champion de lutte dans sa jeunesse et un danseur très accompli dans la troupe de Gurdjieff. Je me souviens de son attitude et de sa carrure puissante lorsque je travaillais avec lui dans la cuisine de l’appartement de Gurdjieff au 6 rue des Colonels Renard. Hormis ses talents personnels, ses mémoires se distinguent de celles de Bennett, Nott, Peters et de bien d’autres par une absence de jeux de l’ego.

Gurdjieff considérait chacun comme un ami

Tchesslav n’avait aucun axe à défendre, de tranches de vie, d’événements, ni de relations personnelles avec Gurdjieff dont il cherchait à se glorifier. Il décrit ce qu’il expérimentait et ce qui était expérimenté par d’autres, il était seulement un parmi les nombreux amis de Gurdjieff. Car comme il l’explique d’une façon très claire, Gurdjieff considérait chacun comme un ami, jusqu’à ce qu’on le trahit, comme ce fut le cas de Frank Binder et du businessman du Prieuré (dont jamais le nom n’a été prononcé). Dans ces cas-là, et c’est arrivé souvent, Gurdjieff retournait la situation en faisant honte à ses adversaires, leur faisant ainsi prendre conscience de la situation, mais avec générosité. Si grande est la vertu de ne pas frapper un homme à terre, encore plus grande était celle de Gurdjieff qui le relevait.

Le point de vue de Tchesslav fut celui d’un associé proche

qui partageait avec Gurdjieff des points d’expériences culturelles communes ainsi que la langue. Ne cherchez pas les noms des familiers du cercle de Gurdjieff. Tchesslav se rappelle le contact rapide et émouvant qu’il eut avec Katherine Mansfield, il mentionne Orage à l’occasion de l’organisation d’une démonstration de mouvements aux Etats-Unis. Son point de vue reste centré sur Gurdjieff et son cercle familial.

Tout comme ceux qui furent avec Gurdjieff avant de parvenir en France, il était admis dans l’intimité de ce cercle et ses anecdotes sur Gurdjieff sont pleines de détails personnels de même que sur sa famille directe (de sang) et sur sa famille plus éloignée dont je n’avais jusque-là ni lu ni jamais entendu parler. C’est avec chaleur et humour qu’il nous raconte, après son accident de 1924, le douloureux rétablissement de Gurdjieff.. Ainsi que la construction du Study House et des bains sous la direction de Gurdjieff. Finalement l’on découvre que l’identité du travailleur qui, tombé endormi, se balançait d’une façon périlleuse sur les rayons du Study House, n’était autre que Tchesslav.

Tchesslav expose les méthodes utilisées par Gurdjieff

Plus significatif encore pour ceux qui suivent les idées de Gurdjieff, Tchesslav rapporte mot pour mot ses entretiens, souvent en réponse à ses propres questions. L’affirmation faite par Gurdjieff, à savoir que toutes les religions sont différentes expressions d’une religion unique, est largement démontré. Tchesslav expose les méthodes utilisées par Gurdjieff pour réduire les auditeurs à ceux-là seuls qui sont aptes à comprendre et à répondre à son langage. Il rapporte brièvement l’explication que donne Gurdjieff sur la différence entre l’art subjectif (qui est décoratif) et l’art objectif (dont le contenu a valeur de sens).

Un livre extrêmement intéressant et agréable à lire

Ce que les souvenirs de Tchesslav nous disent de Gurdjieff. sont sa personnification, sa mise en actes et son art de transmettre l’amour. Gurdjieff lui a enseigné que l’homme doit travailler sur lui-même pour être capable d’aimer. Et Tchesslav rend vivant cet amour dans presque toutes les anecdotes qu’il nous conte.

En résumé, il s’agit d’un livre extrêmement intéressant et agréable à lire.

Tu l’aimeras, de Tchesslav Tchechovitch Disponible aux Editions L’Originel-Charles Antoni,

27 rue Linné, 75005, Paris, France.  www.loriginel.com

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La force interne qui fait la grandeur des hommes

Charles Antoni

Se réapproprier sa vie intérieure et sa force interne

Charles Antoni nous parle de la force interne
Charles Antoni nous parle de la force interne

L’auteur traite de la véritable méditation, de la contemplation, de la liberté, de la force interne qui fait la grandeur des hommes…
Mais la conscience et le potentiel enfoui dans le tréfonds de l’être ne doivent plus être le domaine réservé des religions et des sectes.

Chacun peut se réapproprier sa vie intérieure sans se soumettre aux dogmes ou à l’autocratisme d’un gourou. Pour cela, il est nécessaire de retrouver sa confiance en soi et de refuser que les autres décident pour soi-même.
En effet les pouvoirs religieux et séculiers ne cessent de dévaloriser les gens. Hier, l’Eglise stigmatisait les pécheurs.

Aujourd’hui, la publicité voit un crétin dans chaque consommateur. Ainsi les sketchs publicitaires mettent souvent en scène des personnages immatures et stupides. Quant aux politiciens, ce sont des manipulateurs qui perpétuent leur odieux système oligarchique, repeint en bleu ou en rose selon le parti au gouvernement. Ils abusent du pouvoir de décider pour autrui. En fait l’autre c’est le citoyen à qui l’on fait croire qu’une sorte d’indignité le rend incapable de participer directement à la vie de la cité.

Une clé de la véritable liberté

Du développement personnel au développement essentiel, la clé de la force interne
Du développement personnel au développement essentiel, la clé de la force interne

Le livre de Charles Antoni, Du développement personnel au développement essentiel, permet de comprendre qu’il faut prendre sa vie en main et en être totalement responsable. Il contient des conseils qui peuvent mettre fin à toutes les formes de sujétion. C’est une clé de la véritable liberté.

1 commentaire de Dominique Giraudet – philosophie

Merci pour votre bel article ! Il est rafraichissant de constater à quel point monsieur Charles Antoni n’est pas de ceux qui pratiquent la langue de bois, fait plutôt rare de nos jours et qui mérite d’être signalé ! Grâce lui en soit rendue !

Bien amicalement à vous.

Publié par Félix, Le Blog de Bouddhanar