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La Corse et le Mazzérisme, Lady Rose et l’île de Beauté

LE MONDE, 29 janvier 2002 : Avec Dorothy Carrington, décédée à son domicile ajaccien vendredi 25 janvier à l’âge de 91 ans, c’est l’une des figures les plus attachantes de la Corse contemporaine qui disparaît. Un regard des plus aigus, des plus lucides aussi, qu’on ait portés sur les réalités et les mythologies insulaires aujourd’hui. A lire : Entretien de Charles Antoni avec Dorothy Carrington

Le MazzerismeOuvrages de référence sur le mazzérisme

Le Mazzérisme, un Chamanisme Corse

Une étude magistrale et approfondie sur le mazzérisme et le chamanisme en Corse, de Roccu Multedo.

Corse : Terre de Traditions

Ce numéro Spécial Corse de la Revue L’Originel débute par un éditorial qui met en lumière ce qui subsiste de l’accès à l’intangible dans l’île. Suivent divers articles sur le mazzérisme, ce chamanisme corse, sur les sociétés secrètes, sur des aspects particuliers de la culture traditionnelle en Corse, Cathares corses, Giovannali, Fraticelli, Carbonari, Pinnuti etc.) Nous découvrons ensuite une personnalité remarquable de l’ésotérisme français : l’alchimiste Piobb, le comte Vincenti da Piobetta. Après une étude sur la richesse des polyphonies corses, ce numéro se clôt par une bibliographie et une discographie exhaustives.

LES MAZZERI : CHASSEURS EN REVE

Entretien de Charles Antoni avec Dorothy Carrington

Etablissez-vous un rapport entre le mazzérisme et les monuments mégalithiques en Corse ?

Eglise dans la CastagnicciaJe crois que le mazzérisme est très antérieur à l’époque mégalithique. Je pense que le mazzérisme s’inscrit dans l’époque de cueillette et de chasse prénéolithique, pré-agraire. Parce que si on regarde de près, on ne parle jamais, dans le mazzérisme, de la fertilité du sol ; c’est basé sur l’imagerie de la chasse. On ne parle jamais de récoltes ou de plantes cultivées. La seule plante dont on parle dans le mazzérisme, c’est l’asphodèle. C’est une plante sauvage, qui pousse partout en Corse, et qui est, était, et est encore, mangeable. C’est le bulbe de l’asphodéle. On peut même en faire un genre de pain. Alors ça c’est le pain des pauvres, c’est vraiment quelque chose de très très antique. A mon sens, le mazzérisme ne se rattache pas aux récoltes et à la civilisation agraire.

Et cette plante, ce n’est pas un peu comme le datura que nous trouvons partout en Corse ?

Ce n’est pas la même plante. Le datura est empoisonné. C’est un hallucinogène. Je n’en ai jamais mangé, mais l’ethnologue Lucie Desideri a fait valoir que c’est une plante qui était mangeable, et dont on encourageait la culture. C’est aussi une plante magique et mythique. Les Grecs pensaient qu’elle poussait dans ce qu’ils appelaient “les Champs Elysée des morts”, et en Corse on la plantait en particulier autour des tombeaux. A présent ce n’est plus le cas, c’est le cyprès, une plante très moderne et sophistiquée, qui l’a remplacée.

Pourtant on rencontre beaucoup de datura sur les routes de montagne ?

Roccu Multedo prétend que le datura donne une substance hallucinogène qui facilite les rêves des mazzeri. Mais j’en demande la preuve. Les mazzeri que j’ai rencontrés, un homme et une femme, ne prenaient absolument rien. Leurs rêves leur venaient, sans qu’ils les recherchent, et finalement l’homme voulait s’en débarrasser, car il trouvait ça trop pesant.

LES MAZZERI : MESSAGERS DE LA MORT

Est-ce qu’il s’agit de la femme dont vous parlez dans Corse, île de granit ?

CervioneOui. J’ai rencontré cette femme à l’époque où j’ai publié Corse, île de Granit. L’homme quelques années plus tard. Tous deux, je dois le dire, contrairement à ce qu’on peut penser, avaient une certaine noblesse, on sentait des personnes de caractère élevé. Aussi je m’insurge contre cette idée, tenue par certains, que ce sont des sorciers malintentionnés, ou des sorcières mal intentionnées. Ce n’est pas du tout le cas . D’ailleurs je crois que l’on devient mazzeru par contact avec un autre mazzeru ou de façon héréditaire dans certaines familles. Et ça n’a rien à voir avec la sorcellerie. Les mazzeri, homme et femmes, n’ont aucune intention envers leurs victimes – qui d’ailleurs ne sont pas des victimes. Ils tuent en rêve des animaux qui sont les symboles de personnes vivantes. Donc ça n’a rien à voir avec “tuer”. Ce n’est pas ça du tout. C’est une forme de prédiction.

Oui, c’est le destin. Ils ne font qu’assumer le destin.

C’est transmettre le destin aux vivants. C’est un autre monde !

C’est un autre monde.

Et j’ai senti très nettement, dans mes contacts avec ces deux mazzeri, qu’ils habitaient une partie de la vie dans un autre monde.

En fait, ils “savent” que quelqu’un va mourir.

Ils “savent”, comme je l’ai dit lors d’un congrès en Alta Rocca ; ce sont les messagers de la mort, ce ne sont pas des tueurs. C’est très différent.

DREAM HUNTERS IN CORSICA

Votre livre qui va sortir en anglais, est-il basé sur le mazzerisme en général ou sur un mazzeru en particulier ?

ChataigniersNon ! Mon livre est sur le mazzérisme. Le titre est Dream hunters in Corsica, chasseurs en rêve en Corse. La phrase est un peu ambigue en français. En anglais ça peut être un adjectif. Dream hunters : rêve-chasseurs.
Le thème principal c’est les mazzeri Corses, je parle également des chamans même en Afrique, suivant les renseignements que j’ai pu avoir. Pour reprendre la thèse de Roccu Multedo, c’est certain que les chamans et les mazzeri appartiennent à la même catégorie d’individus mais ils sont tout à fait différents : les chamans commandent, les mazzeri obéissent. Ce qui est particulier au mazzérisme Corse c’est que les mazzeri n’ont pas de pouvoir. Ils ne font que transmettre le message. Tandis que les chamans voyagent, commandent aux mauvais esprits et les dominent, et ils reviennent à volonté. Il n’y a rien de tout ça dans le mazzérisme. J’ai parlé aussi des signadore, bien sûr, qui guérissent par des moyens magiques. C’est la magie blanche de la Corse qui à fait l’objet d’une étude par Pierrette Bertrand-Rousseau dans un très bon livre à ce sujet : Ile de Corse, et Magie blanche. Ils ne sont pas si différent qu’on peut se l’imaginer des mazzeri. Il y a des mazzeri qui sont aussi signadore. Il tuent la nuit en rêve, et ils guérissent pendant la journée en pleine conscience. Ce ne sont pas des rites qui ont été christianisés ; je ne sais pas si à l’origine il n’y avait pas des rites primitifs et des signes païens, que l’Eglise aurait convertis ou remplacés par des signes chrétiens.

Oui, il reste encore quelques rites païens en Corse.

Il y a des vestiges de rites païens et des vestiges de croyances païennes. Ce n’est pas tellement extraordinaire, ce n’est pas unique à la Corse, il y en a dans tous les pays celtiques de la Grande Bretagne. Entre parenthèse les Celtes ne sont jamais venus en Corse, il n’y a aucun lien. Il y en a en Italie, mais il y a beaucoup de choses qui ont perduré de l’époque pré-chrétienne. L’Eglise a fait la guerre à ce qu’ils appellent des superstitions, mais seulement jusqu’à un certain point, et ils ont accepté ce qui n’était pas nuisible.

LE MAZZERISME : UN CHAMANISME ORIGINEL EN CORSE

Pensez-vous que le mazzérisme vient de quelque part, qu’il n’est pas né en Corse ?

Voilà une chose contre laquelle je m’insurge. Les Corses ont tendance à vouloir croire que les choses les plus intéressantes ont été apportées d’ailleurs comme si ça leur donnait une valeur accrue. Ce n’est pas du tout le cas ! Il y a beaucoup de choses tout à fait originelles en Corse. Et le mazzérisme en est une.

Suivant l’hypothèse de Roccu Multedo, le mazzérisme viendrait du Caucase ?

Route vers ChiatraOui, Roccu Multedo est un des Corses qui se sentent rassurés lorsqu’ils trouvent des liens entre la Corse et d’autres cultures, d’autres civilisations. Je trouve que c’est un certain manque de confiance. Il y a des choses en Corse qui sont parfaitement originelles. La vendetta, le vengeance, le chant de la mort ne le sont pas, ça existe dans tout le bassin médtérranéen, mais bien que de manière différentes. Et il existe certaines notions en Corse qu’on ne trouve pas ailleurs, ou que je n’ai pas trouvées d’ailleurs. L’eau, par exemple, dans la tradition corse, c’est le domaine des mauvais esprits, elle n’est pas miraculeuse, purifiante. Ça, c’est tout à fait original, et c’est bien corse. Cela vient sans doute de problèmes concrets, et réels, par exemple la violence des fleuves, lorsqu’il y a des innondations ; récement nous avons perdu des troupeaux entiers, des gens ont été tués. Les Corses ne sont pas attirés par l’eau.

Si nous abordions le thème de votre livre : Napoléon et ses parents ?

Village de TarranoEn Amérique mes livres sur la Corse ont reçu un très bon accueil. L’Amérique a beaucoup de sympathie pour la Corse. La Corse est pour les Américains une entité tout à fait à part de l’Hexagone, parce que d’une part Paoli a créé ce qui paraît être la première constitution démocratique des Temps Modernes. La constitution de Paoli, c’êtait d’une originalité totale, il ne l’a prise ni en Italie, ni en France, ni en Angleterre, ni nulle part ailleurs. On dit qu’elle a inspiré la constitution des Etats-Unis. A mon avis, ce n’est pas prouvé, mais ça allait dans le même sens. Alors ça c’est une grande innovation éclairée du Siècle des Lumières. Quant à Napoléon, il correspond à un certain idéal américain, l’homme parti de rien qui s’est créé tout seul et qui s’est constitué un empire.

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Recensions de Kodo Sawaki – À toi

Printemps 2020 – Sagesses bouddhistes – Le Mag, n° 13


29/12/2019 · BouddhaNews

Ce livre, réalisé grâce au travail de plusieurs pratiquants zen, rassemble les meilleurs enseignements de Kodo Sawaki (1880-1965), surnommé Kodo sans demeure. Le maître de Taisen Deshimaru n’a pas démarré sa vie sous les meilleurs auspices. Orphelin très jeune, il entre au monastère où il commence la pratique du zazen.

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IRINA TWEEDI, enseignement soufi

Irina Tweedie

par Irina Tweedie

Née en Russie en 1907, Irina Tweedie fut élevée à Vienne et à Paris, puis elle s’établit en Angleterre.

Irina Tweedie
Irina Tweedie

Troublée par la mort prématurée de son mari en 1954, elle chercha à donner un sens à sa vie.
Sa quête la mena quelques années plus tard en Inde où, en 1961, elle trouva sa voie auprès d’un maître soufi qui bouleversa sa vie. Ce maître lui demanda de tenir un journal de ses observations.
C’est de ce journal que ce livre a été tiré dix années plus tard. L’auteur nous décrit ici son expérience de Libération :
C’est le compte rendu d’une lente dissolution de la personnalité – processus douloureux car l’homme ne peut pas se refaire sans souffrir. J’avais espéré recevoir une instruction par le yoga…
Je me trouvai alors face à ma nuit intérieure… Je fus broyée dans tous les sens du terme jusqu’à ce que j’entre en contact en moi avec ce que j’avais rejeté toute ma vie…»

Présentation de Charles Antoni

«Livre d’une extrême valeur retraçant au jour le jour, presque simultanément l’expérience d’émancipation d’une femme sur la voie du soufisme, dans laquelle l’observateur et le champ d’expérience ne font qu’un.
Dans cette expérience il s’agit d’une mise à nu de ses propres souffrances, d’une rencontre avec ses propres démons, d’un face à face avec ses conflits intérieurs, pour arriver à s’accepter tel que l’on est et non pas tel que l’on pense être.
Processus douloureux qui passe par une mort à soi-même, par une destruction de nos «échelles de valeurs», et par l’extinction de l’Ego-Usurpateur.
Mort volontaire, appelée «fana» par les soufis, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que cendres, afin que de ces cendres renaissent une vie nouvelle et une liberté absolue.
Anéantissement du vieil homme pour que puisse se manifester l’Homme Nouveau.»

Avant propos  de l’auteur

Ce livre relate un travail spirituel selon l’ancienne tradition « yogique ».
« Tenez un journal » me dit le maître « un jour, ce sera un livre ».
Mais vous devez l’écrire de manière à ce qu’il puisse aider les autres, afin que les gens disent :
telles et telles choses sont arrivées, il y a des milliers d’années de cela ; nous l’avons lu dans des livres.
Ce livre sera la preuve que les choses racontées se passent aujourd’hui, comme elles se sont passées hier et se passeront demain, pour « la bonne personne, au bon moment, et à la bonne place. »
J’ai conservé la forme du journal, pensant que cela traduirait mieux le caractère immédiat de l’expérience et c’est pour la même raison que j’ai utilisé la première personne du singulier tout au long de cet ouvrage.
J’ai d’abord tenté de l’écrire d’une manière moins personnelle, un peu comme une histoire, mais il m’a semblé perdre de son impact et ne pas traduire mon vécu jour après jour.
Le premier jet est sorti en septembre 1971 à Sutherland en Ecosse, soit près de 10 ans après ma première rencontre avec mon Maître.
Avant, il m’aurait été impossible de commencer. Je n’aurais même pas pu jeter un oeil sur les notes de mon journal. J’étais comme prise de panique : je redoutais cela, car trop de souffrance y était rattachée. L’érosion de la personnalité est un processus lent et douloureux.

C’est l’histoire d’un apprentissage et l’apprentissage est une continuelle répétition.
L’élève doit reprendre sa leçon encore et encore, pour être capable de la donner à son tour.
Le maître doit répéter la leçon, la présenter sous différents angles pour que l’élève comprenne et se souvienne. Chaque situation est revécue à plusieurs reprises, déclenchant à chaque fois une réaction psychologique légèrement différente qui mène à l’expérience suivante et ainsi de suite.

Quelque part, dans l’une des Upanishads, il y a une phrase qui condense merveilleusement toute notre quête de spiritualité :
« Si vous aspirez à la Vérité aussi fortement qu’un homme qui se noie cherche de l’air, alors, vous la saisirez en un tiers de seconde
. »
Mais qui désire la vérité autant que cela ?
C’est la tâche du maître d’enflammer le cœur d’un feu si ardent de désir.
Il est de son devoir de le maintenir en flammes jusqu’à ce qu’il ne reste que des cendres.
Car seul un cœur qui s’est brûlé à l’intérieur est capable d’amour.

Mon sincère et ardent désir serait que cet ouvrage soit un indicateur sur le chemin, au moins pour quelques-uns d’entre nous, car comme le dit le fameux dicton : « Nous sommes à la fois le Pèlerin et le Chemin ».

LONDRES – Irina Tweedie.

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Le secret de l’éveil, la transmission de Poonjaji

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Présenté par le Blog Eveil impersonnel