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CAL GARRISON Horoscope hebdomadaire

Horoscope de la semaine du 17 avril 2021

J’écris cet article sous la lumière d’une Lune Gémeaux. Au moment où le Soleil se couchera sur la côte Est, il entrera en Cancer. En réfléchissant à ce que serait mon sujet pour cette semaine, j’étais perdue. Lorsque je suis à court d’idées, ce n’est pas parce que j’en manque – il y a des moments où je suis à court d’enthousiasme. Néanmoins, lorsque l’enthousiasme est faible, je sais que je dois puiser les choses plus profondément. Et cela signifie que je dois prendre le risque de savoir si les personnes qui me lisent seront d’accord ou non pour m’accompagner.

Ce qui suit provient d’une séance que j’ai faite avec une femme de 45 ans du Nebraska. Née avec son Soleil, sa Lune et son Signe ascendant tous conjoints en Vierge, elle avait Eros, Siva, Toro, Demeter, Hera, Isis et Mnemosyne, conjoints aux nœuds lunaires sur l’axe Taureau/Scorpion. Cette configuration était au carré de Vénus, Tisiphone, Hidalgo et Diana.

Avant d’entrer dans le détail, laissez-moi vous dire que la capacité d’interpréter les choses avec précision dépend beaucoup du nombre de fois où vous avez vu les mêmes aspects jouer dans les cartes sur lesquelles vous avez travaillé dans le passé. Le thème de cette femme était suffisamment compliqué pour que je doive y travailler pendant un certain temps. Normalement, je passe environ deux heures à disséquer mes cartes – celle-ci m’a demandé de doubler ce temps, et de travailler dessus pendant quelques jours. Lorsqu’elle et moi (elle s’appelle Ann) nous nous sommes retrouvées au téléphone, j’avais une petite idée de ce qui se passait en elle, mais je savais qu’il faudrait un peu de retour de sa part pour que les choses soient claires à 100%.

L’énergie de la triple Vierge a offert un tas d’informations. La Vierge est l’un des signes les plus incompris du Zodiaque. Communément interprétée comme la personne terre à terre, soucieuse du détail, obsédée par sa santé, hypocondriaque, accro au travail, en manque de sexe, vieille fille, la Vierge est, dans sa plus haute expression, “la grande prêtresse”. Vu sous cet angle, il faut envisager la possibilité que mes clients Vierge puissent très bien fonctionner sur un mode bien différent de celui que l’interprétation standard permet.

Pourquoi est-ce que je dis cela ?

Dans l’Antiquité, les grandes prêtresses étaient les vierges vestales dont l’existence entière était consacrée à une vie sur le chemin spirituel. Elles ne se mariaient pas. Elles n’avaient pas d’enfants. Leur rôle dans la société exigeait qu’elles vivent dans les temples, qu’elles maintiennent tous les objets sacrés dans un état d’ordre parfait, qu’elles président les affaires cérémonielles de la communauté et qu’elles soignent les guerriers blessés et épuisés qui rentrent de la guerre.

En ce qui concerne cette dernière affirmation, comment cette guérison avait-elle lieu ? Marvin Gaye n’a pas inventé le terme “guérison sexuelle”. Les grandes prêtresses d’autrefois étaient des maîtres des mystères sexuels. C’est cette forme de thérapie qui a guéri les guerriers meurtris et battus qui ont vécu les horreurs de la guerre. Pour cette raison, chaque fois qu’il y a une abondance de Vierge dans un horoscope, il y a une chance que la composante sexuelle soit exagérée.

Si cette possibilité existe, il doit y avoir d’autres facteurs pour la confirmer. L’astéroïde Eros est l’un des principaux indicateurs sexuels. Dans le passé, j’ai réalisé cinq thèmes avec Eros en conjonction avec l’axe nodal. Quatre d’entre eux impliquaient des conjonctions entre Eros et le Nœud Nord de la Lune. Lorsque le Nœud Nord joue un rôle dans ce type de situation, la composante sexuelle a une connotation positive : Toutes ces filles étaient des travailleuses du sexe, employées par des services d’escorte haut de gamme. C’étaient des prostituées bien placées, bien payées, prospères et très intelligentes.

Dans le cinquième cas, Eros était en conjonction avec Poséidon sur le Nœud Sud de la Lune. Les Nœuds de la Lune ont un certain nombre de connotations différentes. Ils établissent le lien entre les histoires des vies passées et le but de cette vie. Le “vieux karma”, parfois difficile, entoure le nœud sud. L’axe nodal est également appelé “axe tribal” ou “axe maternel”. Il met en évidence les activités et les situations qui concernent les problèmes familiaux, et les problèmes qui touchent à la mère en particulier.

Si l’on garde à l’esprit qu’Eros est un archétype sexuel, Poséidon implique des croyances spirituelles et des préoccupations religieuses, et le Nœud Sud peut parfois pointer vers la mère biologique et ses problèmes. Dans le cas de la femme avec la conjonction Eros, Nœud Sud, Poséidon, l’histoire raconte qu’elle était le produit d’une liaison illicite entre sa mère et un prêtre. (Bonjour !)

Sur la base de ces cartes précédentes, par rapport à l’horoscope de la femme du Nebraska, je savais qu’avec Eros et tant d’autres corps groupés autour de ses Nœuds, la composante sexuelle était vouée à être à la fois intéressante et complexe. Ceci, combiné au Soleil, à la Lune et à l’Ascendant en Vierge, sans trop entrer dans les détails, m’a donné le sentiment qu’il y avait eu un certain abus des mystères sexuels dans une vie antérieure.

Lorsque la Lune et l’Ascendant sont dans le même signe, cela indique que l’individu a raté les leçons qui sont intrinsèques à cet archétype dans une vie antérieure. Cela me dit qu’il est revenu pour trouver comment réussir cette leçon cette fois-ci. En y réfléchissant, j’ai pensé qu’elle avait peut-être été une Vierge Vestale qui a déraillé, ou qui a été corrompue par quelque chose qui l’a amenée à abuser ou à profiter de ses devoirs sacrés. Le karma étant ce qu’il est, cela signifierait que dans l’incarnation actuelle, il y aurait un certain remboursement, un certain besoin pour l’âme de se racheter de ces transgressions.

Armée de ces suppositions, et en regardant de plus près tous les astéroïdes regroupés autour de ses Nœuds, j’ai remarqué que Cérès et Eros étaient en opposition. D’après mon expérience, cet aspect apparaît dans tous les thèmes où il y a des abus sexuels dans la petite enfance. Eros était sur le Nœud Nord et Cérès sur le Nœud Sud. J’ai su avant de téléphoner qu’Ann avait été abusée sexuellement dès son plus jeune âge. D’autres aspects entre Eros, Toro, Hadès, Siva, Héra, Isis et Déméter, tous regroupés autour des Nœuds, et au carré d’Hidalgo, Vénus et Diane m’ont appris que son père alcoolique était son agresseur, que sa sœur était également victime d’abus sexuels et que sa mère avait laissé les abus se poursuivre parce que cela lui évitait d’avoir à satisfaire les appétits de son mari.

Avant même que nous ne parlions au téléphone, c’est le tableau que son horoscope nous a dépeint. Je ne suis jamais sûre d’avoir raison à 100% sur ces choses, mais cette fois, j’étais presque certaine. La première chose que j’ai dite à Ann au début de la lecture a été : “Qu’est-ce que c’est que tous ces trucs sexuels ? Que faites-vous dans la vie, et comment la composante sexuelle s’exerce-t-elle dans votre vie ?”

Elle m’a répondu que, “oui”, les abus sexuels ont commencé quand elle avait cinq ans, que sa jeune sœur a été victime de la même chose à un âge encore plus précoce, et que sa mère a détourné le regard pour les raisons évoquées plus haut.

En réponse à la question “Que faites-vous dans la vie ?”, elle a répondu qu’elle travaillait pour l’État. Elle a répondu qu’elle travaillait pour l’État du Nebraska en tant qu’agent secret (son Nœud Nord est en Scorpion) et que son travail consistait à rassembler des pédophiles et à sauver et retirer des enfants de situations où ils étaient soit victimes de trafic, soit d’abus sexuels, soit les deux. À l’âge de 45 ans, elle est déjà à la tête d’une équipe d’intervention pour le sauvetage d’enfants, et elle est réputée pour son courage, ses capacités d’investigation et ses prouesses dans ce domaine.

Il m’a fallu quelques minutes pour enregistrer tout cela. Dans l’intervalle, Ann m’a demandé : “En ce qui concerne mon objectif, suis-je sur la bonne voie ?”. J’ai répondu : “Sur la bonne voie ? Vous plaisantez ? Vous êtes en plein dans le mille ! Je n’ai jamais rien vu de tel.

Ayant déjà souligné pour elle la dynamique de toute l’énergie de la Vierge, l’histoire de sa vie antérieure et le besoin potentiel dans cette incarnation d’une grande “rédemption” dans le domaine sexuel, son expérience d’abus sexuel dans son enfance a pris une toute nouvelle signification. Si “on récolte ce que l’on sème”, Ann a payé son dû il y a longtemps. En allant un peu plus loin, avec l’idée que tout arrive pour une raison, il m’est apparu clairement que son expérience de l’enfance était une sorte de camp d’entraînement. Les abus de son père lui ont valu un doctorat dans le domaine des abus sexuels sur les enfants. Cette école des coups durs a jeté les bases qui ont fait d’elle une experte dans son domaine.

Il ne s’agit pas de passer sous silence ou de minimiser ce qui lui est arrivé. Ce qu’elle m’a dit, c’est que chaque opération de sauvetage réussie lui permettait de traiter un élément supplémentaire de sa propre expérience, et que lorsqu’il s’agissait de guérir la “blessure du père”, chaque arrestation et condamnation avait le même effet. Bien connue dans l’État du Nebraska pour ses succès dans ce domaine, Ann ne recherche pas les feux de la rampe. Lorsque les médias lui demandent de passer devant la caméra, elle leur dit de demander à quelqu’un d’autre de faire les honneurs.

Je parle à beaucoup de personnes qui ont vécu les horreurs de l’abus sexuel dans la petite enfance. Pour la plupart d’entre eux, le traumatisme rompt le fil spirituel et les dommages s’inscrivent à jamais dans leur mémoire cellulaire. L’histoire d’Ann a été la première de ce type qui m’a permis de voir que ces horreurs peuvent prendre un tour positif – et qu’elles ont peut-être même un but. À l’heure actuelle, la pédophilie est devenue un sport d’équipe, ou un choix de vie. Les abus sexuels dans l’enfance sont une épidémie. Ma conversation avec Ann m’a enseignée d’une manière qui m’a permis de voir que des gens comme elle ont été mis sur cette Terre pour s’occuper de la guérison sexuelle/spirituelle de légions d’enfants et de jeunes qui, en ce moment même, souffrent aux mains de ceux qui, pour une raison impie, se nourrissent et prospèrent de cette abomination. Ann est encore jeune, elle n’a que 45 ans. Elle a déjà une longueur d’avance en ce qui concerne son “objectif” et, avec le temps, son travail dans ce domaine sera phénoménal.

Jusqu’à la prochaine fois XOXOXOX

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KEVIN FINEL L’Auto-Hypnose, un manuel pour le cerveau

Auto-Hypnose, un manuel pour votre cerveau

Il y a quelques dizaines d’années maintenant Milton Erickson a révolutionné la pratique de la psychothérapie et de l’hypnose en mettant au point une pratique simple, rapide et efficace qui permet d’intervenir directement sur les fonctionnements de notre inconscient. Ce sont ces techniques qui ont inspiré ce livre destiné à mettre à la portée de tous une façon d’intervenir facilement sur soi-même.

Un nombre impressionnant de réactions intéressantes

Notre cerveau est capable de produire un nombre impressionnant de réactions intéressantes et raffinées, c’est en fait une puissante machine à tout faire. Certain l’utilisent mieux que d’autres, ceux-là nous les appelons des “génies”. Ils ont pu, souvent sans même savoir comment, trouver une façon particulièrement adaptée d’utiliser un potentiel donné, dans un ou plusieurs domaines.

Nous avons tous le même cerveau

Parmi les idées qui sous entendent la pratique de l’auto-hypnose, la première est que nous avons tous le même cerveau. Ce qui change c’est la façon avec laquelle nous avons appris à nous en servir. Avez-vous déjà songé à votre cerveau comme à un puissant ordinateur ?

Le manuel d’utilisation

Ce livre Autohypnose est construit comme un véritable manuel d’utilisation pour votre cerveau. Etape par étape vous apprendrez donc à agir sur vous même de plus en plus facilement et profondément. Laissez vous surprendre par la facilité, les choses les plus efficaces sont souvent les plus évidentes, et êtonnez-vous en testant ce que vous allez découvrir page après page.

Des outils de changement et de programmation efficaces

Ce livre met à votre disposition des outils de changement et de programmation efficaces, cela signifie qu’ils peuvent, en étant correctement utilisés, avoir un impact positif considérable sur la vie de celui qui se les approprie.

La démarche présentée est celle d’une conquête intérieure, d’une plus grande liberté et d’une parfaite autonomie.

L’hypnose Ericksonienne conçoit que chaque personne peut être libre

L’hypnose Ericksonienne conçoit que chaque personne peut être libre, les seules questions valables devant un choix sont : les conséquences seront-elles positives pour moi, et pour tout ce qui m’entoure ? Suis-je prêt à accepter le poids des décisions que je peux prendre ?

Gardez à l’esprit que d’une plus grande liberté découle aussi une plus grande responsabilité. Qu’allez vous faire de votre vie quand vous saurez non seulement que vous la contrôlez, mais aussi que vous pouvez lui donner la direction qui vous convient ?

Kévin FINEL

Kévin FINEL est le président de l’ARCHE (Académie de Recherche et de Connaissance en Hypnose Ericksonienne). Conférencier et enseignant, il forme chaque année plusieurs dizaines de thérapeutes aux utilisations de l’Hypnose. Praticien chevronné en hypnothérapie, il est thérapeute et coach à Nice et à Paris, activité dans laquelle il travaille tous les jours avec des personnes désireuses d’accéder au bien-être et de se dépasser.

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U.G. KRISHNAMURTI, Pertinences Impertinentes

U.G. Krishnamurti & Charles Antoni
U.G. Krishnamurti & Charles Antoni

En apprenant le décès de U.G. Krishnamurti et la manière dont il s’était abandonné dans la dernière étape de son « histoire personnelle », je me remémorai les instants passés en sa compagnie, il y a quelques années de cela, où déjà j’avais pressenti qu’il mettrait en application sa manière de penser à ce sujet, lorsqu’il m’avait dit : « Si je tombais malade, alors je me coucherais tel un chien près d’un arbre, je geindrais et puis, ciao, me laisserais aller sans faire d’histoires ». U.G. Krishnamurti fut à la fois un être des plus simples et des plus étonnants qu’il m’ait été donné de rencontrer. La clef de sa vie pourrait se résumer dans cette phrase : « Au milieu des épines… je marche ».

Charles Antoni

Entretien de Joël Labruyère avec Charles Antoni

U.G. Krishnamurti fut à la fois un être des plus simples et des plus étonnants qu’il m’ait été donné de rencontrer

U.G. est un personnage au-delà de toutes les normes

Joël Labruyère : Originaire de l’Inde, U. G. Krishnamurti – à ne pas confondre ave Jiddu Krishnamurti, mondialement célèbre – est assez peu connu. Gopala ne veut pas être importuné, et vous êtes le dernier à l’avoir rencontré pour lui soutirer quelques confidences. Peut-on dire de ce personnage qu’il est une sorte d’anti-gourou ?

U.G. Krisnamurti
U.G. Krisnamurti

Charles Antoni : U.G. Krishnamurti est un personnage au-delà de toutes les normes. C’est un anti-tout. Il vient de Madras où il fut élevé dans le cadre de la Société Théosophique. Ses parents, qui lui prédisaient un destin particulier, l’avaient mis dans une école théosophique pour qu’il bénéficie d’un environnement privilégié. Il a suivi l’évolution de Krishnamurti, l’enfant chéri des théosophes, élevé pour devenir le messie du vingtième siècle, mais qui leur a cassé la baraque en rejetant toute autorité spirituelle. Cela lui a sans doute montré la voie. U.G. a poursuivi sa recherche en rencontrant d’autres maîtres tel Ramana Maharshi, mais je crois que Krishnamurti l’a beaucoup influencé. Après la rupture de Krishnamurti avec la sphère des « maîtres », U.G. a conclu que tout cela n’était qu’un fatras.

J. L. : Krishnamurti a dit : « J’ai pulvérisé le rocher sur lequel j’ai grandi », et « il n’y a pas de chemin qui conduise à la vérité. » UG ne veut-il pas là en rajouter une couche ?

C. A. : Oui, dans la foulée, on peut dire qu’U.G. Krishnamurti a voulu pulvériser Krishnamurti également, du moins en paroles. U.G. pense que Krishnamurti s’est malgré tout cantonné dans une position d’autorité, tout en rejetant toutes les autorités. Quant à lui, U.G. Krishnamurti rejette radicalement toutes les spiritualités. Il pense que cela ne mène nulle part. Il rejette également le matérialisme, ce qui signifie qu’il ne reste pas grand chose. C’est pourquoi U.G. peut être dangereux pour des personnes qui n’ont pas assez navigué à travers les doctrines spirituelles. Tout à coup, on ne sait plus à quel saint se vouer. Si tout est bidon, où sont les bornes pour se tenir debout ? Par contre, l’expérience de U.G. Krishnamurti est instructive pour un chercheur qui s’est cassé la figure sur les peaux de bananes du supermarché spiritualiste.

Idée dominante qui ressort de la démarche d’U.G.

J. L. : Quelle est l’idée dominante qui ressort de la démarche d’U.G. ?

C. A. : Il dit qu’on a très peu de chance d’arriver à quelque chose. Son idée, c’est de retrouver l’état naturel, ce que nous sommes tout simplement.

Il ne s’agit pas de retourner à l’état animal, mais de ne prendre en compte que les besoins naturels. Il faut revenir à l’état naturel, sans la complication du mental. Pour U.G. Krishnamurti, le mental est en trop. Cela ne nous empêche pas de savoir ce qu’est un feu rouge, mais la connaissance utile s’arrête là. Je pense que dans le fond, il nie l’évolution humaine en prenant pour exemple l’état lamentable du monde.

S’il y a une certaine évolution technologique, on voit bien par ailleurs qu’il se crée des foyers de guerre partout. L’évolution humaine est rudimentaire. Elle n’est faite que de bonnes intentions. U.G. prend l’exemple de l’Inde. Voilà une grande civilisation spirituelle où l’on crève de faim en invoquant le ciel. Il y a quand même un problème.

U.G. considère les grands initiés comme des imposteurs

J. L. : Non seulement U.G. conteste la tradition spirituelle, mais il considère les grands initiés comme des imposteurs. Il parle du Bouddha comme d’un charlatan qui aurait fait plonger l’humanité dans des conditions encore pires. Comment expliquer ce point de vue extrémiste ?

C. A. : Je crois qu’il s’agit de provocation. Si U.G. Krishnamurti avait connu personnellement le Bouddha, il l’aurait sans doute apprécié. Sa provocation est dirigée contre ceux qui ont transformé le message originel. C’est contre les intermédiaires que U.G. s’érige. Il dénonce les magouilles des intermédiaires qui fabriquent des idoles mortes avec la vie elle-même. Dans la philosophie du Chan, on dit : « Si tu rencontres le Bouddha, crache lui dessus. » Pour les initiés, cette attitude n’est pas iconoclaste. Elle est libératrice.

U.G. a vécu l’illumination comme une transformation biologique

J. L. : U.G. ne nie pas avoir vécu un état d’illumination spécial qu’il appelle sa « calamité ». Il s’agit d’une expérience très curieuse avec apparition de phénomènes physiques et de traces mystérieuses sur le corps. On pense à une expérience tantrique. De quoi s’agit-il ?

C. A. : Il parle d’une calamité physique, mais on ne sait pas s’il s’agit d’une montée de kundalini ou d’un processus inconnu. U.G. a vécu cela comme une transformation biologique qu’on ne peut pas relier avec une expérience traditionnelle. Déjà, les Théosophes clairvoyants ne comprenaient rien au processus de transformation de Krishnamurti. Il s’agit de quelque chose qui est au-delà de l’occultisme. Cela proviendrait d’une autre dimension. Cette force ne toucherait que ceux qui veulent sortir du circuit de l’évolution planétaire.

J. L. : U.G. Krishnamurti parle d’une renaissance de la glande du thymus comme certains adeptes de la tradition hermétiste occidentale. C’est un courant initiatique assez secret.

C. A. : Oui, le système glandulaire est d’une importance fondamentale dans la transformation intérieure. Le contrôle du fonctionnement glandulaire donne le pouvoir sur tout, et particulièrement le thymus qui est le centre de la vitalité et de l’immunité. Cette glande, située derrière le sternum, est atrophiée chez l’adulte, mais elle constitue le réservoir de vitalité chez l’enfant jusqu’à sept ans. U.G. semble connaître le processus de régénération par le thymus. A quatre vingt six ans, il a d’ailleurs l’allure d’un adolescent.

La libération passe par le cœur

J. L. : Les adeptes de l’alchimie interne disent que le thymus peut se réveiller et produire à nouveau des hormones qui vont servir à édifier un être éternel à l’intérieur de la créature mortelle que nous sommes. Il s’agirait d’une renaissance. On pense que les cathares ont été massacrés parce qu’ils pratiquaient cette initiation.

C. A. : Dans le Christianisme, on représente le Christ avec le cœur ouvert et une lumière rayonnante au centre de la poitrine. C’est l’indication que la libération passe par le cœur, et qu’il s’agit d’un processus organique, au lieu du mysticisme dont on entoure ce symbole.

Si sternum signifie « rayonnant », on comprend mieux la notion d’amour rayonnant, mais comme dit un maître japonais : « Quand j’entends parler d’amour, je frappe. » C’est pourquoi, lorsqu’il entend parler d’amour, U.G. devient acerbe, car il rejette la sentimentalité, ce qui ne l’empêche pas d’être charmant et de bonne compagnie.

L’amour réel n’est pas celui qu’on voit dans la vie ordinaire. L’amour n’est pas de l’humanitarisme. C’est un état qu’on ne peut connaître qu’après un processus de renaissance, mais U.G. ne fait pas de théorie à ce sujet. Il ne dit même pas qu’il faut essayer d’y parvenir. Cela arrive par accident. Il parle d’une « calamité » qui lui est tombée dessus et qu’il supporte comme tout le reste.

J. L. : Mais si on ne peut rien faire, à quoi bon se fatiguer à chercher ?

L’illumination survient au moment où on s’y attend le moins

C. A. : U.G. dit que malgré tous nos efforts, nous avons peu de chance. On ne sait pas comment et pourquoi ça nous tombe dessus. Il est fort possible que cela arrive lorsqu’on ne croit plus en rien, quand la limite de la désillusion est atteinte. Celui qui est un véritable baroudeur, et qui est parvenu au point où il a tout laissé tomber, à sans doute les dispositions requises, à condition qu’il demeure assoiffé d’absolu. On retrouve cela dans le Zen : l’illumination survient au moment où on s’y attend le moins. C’est l’idée du Chan également. U.G. insiste beaucoup sur cette transformation biologique dont les maîtres spirituels parlent peu, peut-être par prudence, ou parce qu’ils n’y ont pas accès eux-mêmes.

J. L. : On peut donc dire que U.G. n’est pas un nihiliste, mais qu’il rejette uniquement ce qui n’a aucune importance à ses yeux. U.G. ne cherche pas à transmettre sa connaissance. Il ne veut même pas en parler, alors qu’il prétend être libéré de tout souci et de la peur. Pourquoi n’en fait-il pas profiter les autres ?

C. A. : A mon avis, c’est une question de tempérament. Certains sont disposés à en parler et d’autres, non. Le caractère de U.G. c’est de prendre les choses comme elles sont sans se poser de question. U.G. a toujours vécu à la limite, puisqu’il a été clochard, dormant dans la rue et a sauté à pieds joints dans un lâcher-prise absolu. Il était prêt à se laisser mourir, et d’ailleurs, en cas de maladie, il se « couche dans un coin et attend en gémissant comme un chien. » Il affirme qu’un être vivant n’a pas à se poser de question sur la vie et la mort, ou la vie après la mort. Quelqu’un de vivant est simplement occupé à vivre.

Pour U.G., l’idée d’atteindre quelque chose n’existe pas

J. L. : U.G. ne donne-t-il pas l’impression d’avoir atteint la sérénité parce que quelque chose de nouveau est programmé dans son corps, et qu’il sait qu’il est tiré d’affaire ?

C. A. : Pour lui, l’idée d’atteindre quelque chose n’existe pas car il a abandonné tous les concepts. Bien qu’il fasse preuve d’une compassion naturelle, on ne trouve chez lui aucune trace de nos bons sentiments. Il n’est pas missionné pour sauver qui que ce soit.

Selon lui, celui qui prétend vouloir aider autrui démontre qu’il éprouve encore des besoins. Vouloir faire du bien ne serait qu’un besoin égocentrique. U.G. va encore plus loin, puisqu’il prétend que tout désir d’accomplir une action provient de l’attachement. Il semble avoir décroché de toutes les convenances, alors qu’il continue à vivre normalement à Londres dans une maison confortable.

Personne ne sait d’où lui vient l’argent, car il ne donne pas de conférences et n’écrit pas de livres. Aujourd’hui, il refuse même les interviews, et j’ai été le dernier à l’interroger. On sait qu’il voyage, il va en Chine ou ailleurs, sans laisser d’adresse. Pourquoi voyage-t-il ? Personne ne le sait.

J. L. : Est-ce qu’en approchant ce personnage, on est tenté de l’imiter ?

C. A. : J’ai rencontré quelqu’un qui s’est débarrassé de toutes les idées que nous traînons péniblement derrière nous. Mais il n’y a rien à imiter. Lorsqu’on pige le truc, on n’a pas envie d’être comme U.G. ou n’importe qui d’autre. On est soi-même. Lui, à quatre-vingt six ans, avec son physique enfantin, donne l’impression d’une grande légèreté. Il adore cuisiner pour ses invités, mais je ne l’ai vu manger que des céréales avec du lait comme un gosse. Il ne vous accable pas de théories. C’est bien rafraîchissant.

Lecture : UG. Pertinences impertinantes

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J.G. BENNETT, La situation mondiale

J.G.-Bennett

Par J.G. Bennett, J.G. Bennett

La loi fondamentale de l’homme n’est pas réellement la croyance en Dieu, ni en la religion ou en quelque chose d’élevé, mais bien la croyance que “davantage est ce qu’il y a de mieux.” – Cela nous a conduit au monde tel qu’il est actuellement. C’est un credo de dinosaures. -“Plus vous êtes grands, mieux cela vaut.” – Mais il n’est plus possible pour l’humanité de continuer à vivre selon cette croyance car elle est arrivée au point de saturation.
C’est cela qui tuera les grandes institutions car elles ne peuvent subsister sans expansion ultérieure. Elles doivent grandir, même si agrandissement signifie suicide, car elles ne connaissent pas d’autre façon de vivre.- Nous avons tous été endoctrinés par la conviction que plus on a, mieux cela vaut.  Mais qu’adviendra-t-il de ces institutions qui ne connaissent que la doctrine du “davantage” lorsque cela deviendra impossible – ainsi que  cela l’est déjà – le deviendra totalement, visiblement, dans le cours de notre vie actuelle ? Elles ne pourront pas survivre.

Comment pouvons-nous abandonner cette docrine du “davantage”, nous tourner vers une réellle doctrine du “meilleur”, nous tourner de la quantité vers la qualité ? Là réside vraiment la différence entre les mammifères et les dinosaures. Les mammifères sont beaucoup plus qualitatifs. L’espèce des mammifères est beaucoup plus concernée par la qualité de la vie que ne le sont les reptiles.

La seule possibilité est une acceptation totale d’un dessein plus élevé que notre propre survivance, une acceptation totale de notre besoin d’être reliés à un pouvoir supérieur à nous-même. Les hommes ne vont jamais s’accepter mutuellement à moins d’être soumis à une pression extérieure ou à une menace. Nous devons nous être désillusionnés, profondément désillusionnés, sur l’homme, apprendre que nous ne pouvons accorder notre confiance qu’à un pouvoir plus élevé que l’homme.

Les gens verront qu’une nouvelle façon de vivre est possible. Il y aura de nouvelles perceptions, une possibilité de communication au-delà des mots, de nouvelles façons d’être les uns vis à vis des autres, une nouvelle conscience de ce qu’est la vie, de ce qu’elle exige de nous. Une nouvelle race viendra de ceux qui seront capables de donner naissance à des enfants ayant ces qualités, elle viendra de nous, si réellement nous décidons de servir l’avenir, d’ouvrir en nous la possibilité de le faire.

J.G. Bennett in Album L’Originel N°1

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La Corse et le Mazzérisme, Lady Rose et l’île de Beauté

LE MONDE, 29 janvier 2002 : Avec Dorothy Carrington, décédée à son domicile ajaccien vendredi 25 janvier à l’âge de 91 ans, c’est l’une des figures les plus attachantes de la Corse contemporaine qui disparaît. Un regard des plus aigus, des plus lucides aussi, qu’on ait portés sur les réalités et les mythologies insulaires aujourd’hui. A lire : Entretien de Charles Antoni avec Dorothy Carrington

Le MazzerismeOuvrages de référence sur le mazzérisme

Le Mazzérisme, un Chamanisme Corse

Une étude magistrale et approfondie sur le mazzérisme et le chamanisme en Corse, de Roccu Multedo.

Corse : Terre de Traditions

Ce numéro Spécial Corse de la Revue L’Originel débute par un éditorial qui met en lumière ce qui subsiste de l’accès à l’intangible dans l’île. Suivent divers articles sur le mazzérisme, ce chamanisme corse, sur les sociétés secrètes, sur des aspects particuliers de la culture traditionnelle en Corse, Cathares corses, Giovannali, Fraticelli, Carbonari, Pinnuti etc.) Nous découvrons ensuite une personnalité remarquable de l’ésotérisme français : l’alchimiste Piobb, le comte Vincenti da Piobetta. Après une étude sur la richesse des polyphonies corses, ce numéro se clôt par une bibliographie et une discographie exhaustives.

LES MAZZERI : CHASSEURS EN REVE

Entretien de Charles Antoni avec Dorothy Carrington

Etablissez-vous un rapport entre le mazzérisme et les monuments mégalithiques en Corse ?

Eglise dans la CastagnicciaJe crois que le mazzérisme est très antérieur à l’époque mégalithique. Je pense que le mazzérisme s’inscrit dans l’époque de cueillette et de chasse prénéolithique, pré-agraire. Parce que si on regarde de près, on ne parle jamais, dans le mazzérisme, de la fertilité du sol ; c’est basé sur l’imagerie de la chasse. On ne parle jamais de récoltes ou de plantes cultivées. La seule plante dont on parle dans le mazzérisme, c’est l’asphodèle. C’est une plante sauvage, qui pousse partout en Corse, et qui est, était, et est encore, mangeable. C’est le bulbe de l’asphodéle. On peut même en faire un genre de pain. Alors ça c’est le pain des pauvres, c’est vraiment quelque chose de très très antique. A mon sens, le mazzérisme ne se rattache pas aux récoltes et à la civilisation agraire.

Et cette plante, ce n’est pas un peu comme le datura que nous trouvons partout en Corse ?

Ce n’est pas la même plante. Le datura est empoisonné. C’est un hallucinogène. Je n’en ai jamais mangé, mais l’ethnologue Lucie Desideri a fait valoir que c’est une plante qui était mangeable, et dont on encourageait la culture. C’est aussi une plante magique et mythique. Les Grecs pensaient qu’elle poussait dans ce qu’ils appelaient “les Champs Elysée des morts”, et en Corse on la plantait en particulier autour des tombeaux. A présent ce n’est plus le cas, c’est le cyprès, une plante très moderne et sophistiquée, qui l’a remplacée.

Pourtant on rencontre beaucoup de datura sur les routes de montagne ?

Roccu Multedo prétend que le datura donne une substance hallucinogène qui facilite les rêves des mazzeri. Mais j’en demande la preuve. Les mazzeri que j’ai rencontrés, un homme et une femme, ne prenaient absolument rien. Leurs rêves leur venaient, sans qu’ils les recherchent, et finalement l’homme voulait s’en débarrasser, car il trouvait ça trop pesant.

LES MAZZERI : MESSAGERS DE LA MORT

Est-ce qu’il s’agit de la femme dont vous parlez dans Corse, île de granit ?

CervioneOui. J’ai rencontré cette femme à l’époque où j’ai publié Corse, île de Granit. L’homme quelques années plus tard. Tous deux, je dois le dire, contrairement à ce qu’on peut penser, avaient une certaine noblesse, on sentait des personnes de caractère élevé. Aussi je m’insurge contre cette idée, tenue par certains, que ce sont des sorciers malintentionnés, ou des sorcières mal intentionnées. Ce n’est pas du tout le cas . D’ailleurs je crois que l’on devient mazzeru par contact avec un autre mazzeru ou de façon héréditaire dans certaines familles. Et ça n’a rien à voir avec la sorcellerie. Les mazzeri, homme et femmes, n’ont aucune intention envers leurs victimes – qui d’ailleurs ne sont pas des victimes. Ils tuent en rêve des animaux qui sont les symboles de personnes vivantes. Donc ça n’a rien à voir avec “tuer”. Ce n’est pas ça du tout. C’est une forme de prédiction.

Oui, c’est le destin. Ils ne font qu’assumer le destin.

C’est transmettre le destin aux vivants. C’est un autre monde !

C’est un autre monde.

Et j’ai senti très nettement, dans mes contacts avec ces deux mazzeri, qu’ils habitaient une partie de la vie dans un autre monde.

En fait, ils “savent” que quelqu’un va mourir.

Ils “savent”, comme je l’ai dit lors d’un congrès en Alta Rocca ; ce sont les messagers de la mort, ce ne sont pas des tueurs. C’est très différent.

DREAM HUNTERS IN CORSICA

Votre livre qui va sortir en anglais, est-il basé sur le mazzerisme en général ou sur un mazzeru en particulier ?

ChataigniersNon ! Mon livre est sur le mazzérisme. Le titre est Dream hunters in Corsica, chasseurs en rêve en Corse. La phrase est un peu ambigue en français. En anglais ça peut être un adjectif. Dream hunters : rêve-chasseurs.
Le thème principal c’est les mazzeri Corses, je parle également des chamans même en Afrique, suivant les renseignements que j’ai pu avoir. Pour reprendre la thèse de Roccu Multedo, c’est certain que les chamans et les mazzeri appartiennent à la même catégorie d’individus mais ils sont tout à fait différents : les chamans commandent, les mazzeri obéissent. Ce qui est particulier au mazzérisme Corse c’est que les mazzeri n’ont pas de pouvoir. Ils ne font que transmettre le message. Tandis que les chamans voyagent, commandent aux mauvais esprits et les dominent, et ils reviennent à volonté. Il n’y a rien de tout ça dans le mazzérisme. J’ai parlé aussi des signadore, bien sûr, qui guérissent par des moyens magiques. C’est la magie blanche de la Corse qui à fait l’objet d’une étude par Pierrette Bertrand-Rousseau dans un très bon livre à ce sujet : Ile de Corse, et Magie blanche. Ils ne sont pas si différent qu’on peut se l’imaginer des mazzeri. Il y a des mazzeri qui sont aussi signadore. Il tuent la nuit en rêve, et ils guérissent pendant la journée en pleine conscience. Ce ne sont pas des rites qui ont été christianisés ; je ne sais pas si à l’origine il n’y avait pas des rites primitifs et des signes païens, que l’Eglise aurait convertis ou remplacés par des signes chrétiens.

Oui, il reste encore quelques rites païens en Corse.

Il y a des vestiges de rites païens et des vestiges de croyances païennes. Ce n’est pas tellement extraordinaire, ce n’est pas unique à la Corse, il y en a dans tous les pays celtiques de la Grande Bretagne. Entre parenthèse les Celtes ne sont jamais venus en Corse, il n’y a aucun lien. Il y en a en Italie, mais il y a beaucoup de choses qui ont perduré de l’époque pré-chrétienne. L’Eglise a fait la guerre à ce qu’ils appellent des superstitions, mais seulement jusqu’à un certain point, et ils ont accepté ce qui n’était pas nuisible.

LE MAZZERISME : UN CHAMANISME ORIGINEL EN CORSE

Pensez-vous que le mazzérisme vient de quelque part, qu’il n’est pas né en Corse ?

Voilà une chose contre laquelle je m’insurge. Les Corses ont tendance à vouloir croire que les choses les plus intéressantes ont été apportées d’ailleurs comme si ça leur donnait une valeur accrue. Ce n’est pas du tout le cas ! Il y a beaucoup de choses tout à fait originelles en Corse. Et le mazzérisme en est une.

Suivant l’hypothèse de Roccu Multedo, le mazzérisme viendrait du Caucase ?

Route vers ChiatraOui, Roccu Multedo est un des Corses qui se sentent rassurés lorsqu’ils trouvent des liens entre la Corse et d’autres cultures, d’autres civilisations. Je trouve que c’est un certain manque de confiance. Il y a des choses en Corse qui sont parfaitement originelles. La vendetta, le vengeance, le chant de la mort ne le sont pas, ça existe dans tout le bassin médtérranéen, mais bien que de manière différentes. Et il existe certaines notions en Corse qu’on ne trouve pas ailleurs, ou que je n’ai pas trouvées d’ailleurs. L’eau, par exemple, dans la tradition corse, c’est le domaine des mauvais esprits, elle n’est pas miraculeuse, purifiante. Ça, c’est tout à fait original, et c’est bien corse. Cela vient sans doute de problèmes concrets, et réels, par exemple la violence des fleuves, lorsqu’il y a des innondations ; récement nous avons perdu des troupeaux entiers, des gens ont été tués. Les Corses ne sont pas attirés par l’eau.

Si nous abordions le thème de votre livre : Napoléon et ses parents ?

Village de TarranoEn Amérique mes livres sur la Corse ont reçu un très bon accueil. L’Amérique a beaucoup de sympathie pour la Corse. La Corse est pour les Américains une entité tout à fait à part de l’Hexagone, parce que d’une part Paoli a créé ce qui paraît être la première constitution démocratique des Temps Modernes. La constitution de Paoli, c’êtait d’une originalité totale, il ne l’a prise ni en Italie, ni en France, ni en Angleterre, ni nulle part ailleurs. On dit qu’elle a inspiré la constitution des Etats-Unis. A mon avis, ce n’est pas prouvé, mais ça allait dans le même sens. Alors ça c’est une grande innovation éclairée du Siècle des Lumières. Quant à Napoléon, il correspond à un certain idéal américain, l’homme parti de rien qui s’est créé tout seul et qui s’est constitué un empire.