Posted on

Le Kaya-Kalpa : la science indienne de la réjuvénation

Charles Antoni Inde Kaya-Kalpa

Yogi Amrit Anandi Ghiri et Charles Antoni - Kaya-Kalpa« En 1976, je rencontrai Gorak Nath Chaturvedi professeur de Kayachikitsa à l’Université de Bénarès. Il m’a transmis quelques unes des données de cette très ancienne science de la réjuvénation, le Kaya-Kalpa. »
Charles Antoni

Kaya signifie « corps » et Kalpa « changer ».

Retrouver sa vitalité, sa vigueur, sa force sexuelle

Tout procédé employé pour la transformation du corps et mené à terme est littéralement désigné par Kaya-Kalpa.

Kaya-Kalpa n’est pas un terme classique, c’est un mot récent qui ne s’est développé que très tardivement.

Kaya-Kalpa est donc le terme technique utilisé par un type particulier de discipline médicale qui permet à un individu de retrouver sa vitalité, sa vigueur, sa force sexuelle et tout ce qui peut l’amener à une réjuvénation.

A l’origine le Kaya-Kalpa était conçu uniquement pour des personnes en excellente santé bien qu’il puisse être utilisé officiellement sur des personnes malades.

L’âge idéal pour la pratique du Kaya-Kalpa se situe entre 45 et 60 ans. En aucun cas il ne peut convenir à des personnes trop jeunes ou à des personnes d’un âge trop avancé.

Les trois composantes du Kaya-Kalpa

Les expressions classiques de Kaya-Kalpa sont : Panchakarma, Rasayana, Vajikarana. En fait ces trois composantes combinées ensemble forment le Kaya-Kalpa.

Panchakarma renferme toutes les thérapies d’élimination, d’épuration du corps qui permettent de rejeter tous les résidus se trouvant dans le corps.

Rasayana est la thérapie permettant la réjuvénation des tissus et l’arrêt du processus de l’âge.

Vajikarana est le traitement contenant les disciplines et moyens qui opèrent sur l’énergie et la force sexuelle.

Considérons maintenant très brièvement ces trois composantes du Kaya-Kalpa.

1) Panchakarma

Pancha signifie cinq et Karma : thérapie. Les 5 types de traitement. Ces 5 types de thérapie incluent : les administrations à base d’huiles médicales, des sudations, des diurétiques, des purgatifs et l’introduction de décoctions et d’huiles médicales par le rectum. En fait ces cinq traitements sont généralement employés comme mesures préparatoires au traitement principal.

Des maladies comme l’arthrite, le corysa etc..sont très bien soignées par ce genre de traitement.

Massage UzhichilAprès l’application de ces différentes thérapies le corps est complètement nettoyé et prêt pour le Kaya-Kalpa proprement dit.

Traitement préopératoire : Suchana

Avant d’entreprendre ces 5 thérapies il est nécessaire de suivre un traitement préopératoire en quelque sorte.

Ce traitement dure 7 jours et consiste à prendre chaque jour une certaine quantité de matière grasse, ce peut être de la graisse de vache, du beurre etc..Puis attendre que la fermentation puisse se faire. Après quoi un régime particulièrement léger est prescrit, ce régime peut être soit végétarien soit non végétarien.

C’est seulement après ce traitement appelé suchana que panchakarma peut être appliqué.

2) Rasayana

Rasayana traite les problèmes de l’âge avancé et de la réjuvénation des tissus. Cette thérapie conduit spécialement à l’accroissement de la vitalité, de la force et de la longévité.

D’autres bénéfices résultant de cette méthode sont : développement de la mémoire, immunité contre les maladies, éclat de la peau, meilleure voix etc.

Il existe une préparation à base d’herbes qui est couramment employée ; ces herbes sont très familières et peuvent être facilement trouvées sur le marché.

Mais il existe aussi une préparation à base de mercure, souffre, or, argent, cuivre, arsenic qui est principalement utilisée pour le Kaya-Kalpa. Certaines préparations à base de métaux précieux peuvent être aussi utilisées pour des personnes atteintes de maladies chroniques.

3) Vajikarana

Vajikarana concerne l’accroissement de la virilité.

Vaji signifie santé, donc on peut dire que la santé se reconnaît d’une certaine manière dans le contexte sexuel.

Vaji signifie aussi éjaculation de la semence, ce traitement apportera une plus grande puissance sexuelle et une grande vitalité.

Vajikarana présente deux aspects dans son traitement.

Un aspect qui permet d’augmenter la force sexuelle afin de jouir d’une meilleure et plus grande vie sexuelle et d’être en mesure de satisfaire plus pleinement sa partenaire.

Le second aspect est de permettre chez une personne l’accroissement de la sécrétion séminale, même chez quelqu’un d’âgé, et la rendre ainsi plus fertile et productrice. Augmenter cette fertilité signifie donner à la personne la possibilité d’avoir plus d’enfants.

Notre existence biologique réclame la perpétuation de l’espèce et nous devons obéir à cette demande.

Autrefois l’Inde avait besoin d’une importante population. Tous les remèdes, toutes les drogues qui opèrent sur l’énergie, la puissance sexuelle, la fertilité, font partie de Vajikarana. Les drogues les plus connues sont : les préparations de cannabis, d’opium, les préparations à base d’or, les préparations de stychine.

Revues L'Originel - Kaya-KalpaLes préparations

En ce qui concerne les préparations des métaux, une des drogues les plus connues est un remède à base de mercure, cuivre, mica. Chaque jour cette drogue est administrée au patient à doses croissantes et toujours accompagnée de lait.

On augmente proportionnellement le lait jusqu’à vingt litres. Aucune autre nourriture ne doit être prise à l’exception de jus de fruit et de soupes légères. Après un certain temps on diminue la quantité de lait et on revient à nouveau à un régime normal. Ce traitement dure 40 jours.

La pratique quotidienne du remède mercure est une des formes de Kaya-Kalpa.

L’une des préparations les plus connues d’herbes se trouve facilement sur les marchés, elle s’appelle Syavana prakasa.

L’hiver il est conseillé vivement aux patients d’en prendre ; plus particulièrement ceux qui souffrent de bronchite chronique, de coryza etc.

L’histoire dit que Syavana qui était un très vieux moine, désirait ardemment une très jeune fille, tant il était émerveillé par elle. Comme il n’avait plus guère d’énergie, il se fit apporter cette préparation et la consomma. C’est ainsi qu’il devint à nouveau très jeune et put ainsi épouser cette jeune fille.

Le lieu

A l’origine, la pratique du Kaya-Kalpa se faisait à l’intérieur de trois pièces imbriquées l’une dans l’autre.

La personne devait s’enfermer dans la pièce centrale et y rester pour une période de trois mois.

Actuellement il n’en est plus tout à fait ainsi.

L’idée est que le patient doit se trouver dans un endroit retiré, sans perturbation mentale ; dans la paix. Il ne doit être ni exposé aux bruits, au soleil, au froid, sans aucune perturbation climatique.

Commandez l’Album N°2 en ligne

Posted on

Verticalité, de Charles Antoni

Charles Antoni

Préface de Paule Orsoni

Amour pour la liberté

Charles Antoni

Ce n’est pas une relation passionnelle avec son fume-cigarette qui pourrait contredire son amour pour la liberté, celle qu’on se donne à soi-même. En quoi d’ailleurs y aurait-il là matière à le contredire ? Tout juste question de souligner gentiment l’apparent paradoxe. On n’est pas forcément d’accord avec Charles Antoni, au demeurant, il force l’admiration. Vivre sa vie, telle est l’injonction qu’il propose et qu’il s’offre à lui-même. A nous de disposer. S’il a choisi l’écriture, ou même si elle l’a choisi, il voudrait consacrer davantage de temps à ses livres. Il va sans dire qu’il ne connaît jamais l’ennui.

Entre lecture et écriture

Les livres ? Une passion également entre lecture et écriture, là encore, le temps lui manque, parfois pour s’y consacrer pleinement mais on peut aisément constater l’attachement qu’il leur porte. Une belle fidélité. Ecrivain, lecteur, éditeur, avec lui, nous ne sortons pas du cercle des mots mais on se méprendrait à croire qu’il oublie de vivre pour autant. Simplement, il ne choisit pas entre l’écriture et la vie, elles sont intimement liées, alors tout devient pour lui objet d’interrogation, matière à penser donc à écrire. L’essentiel étant d’abord et avant tout ce qu’il ressent. Et de nous demander souvent : « Que ressens-tu ? » Nous rappelant ainsi sans doute à des fondamentaux.

Baroudeur de l’absolu

Charles Antoni est resté fidèle à lui-même, il a gardé tout au long de sa vie, riche au demeurant, les options fondamentales qui valent objectifs indéfectibles : le socle n’a pas changé depuis ses premiers engagements et ses premiers voyages. Toujours revenir à ce qu’il appelle la « Verticalité ». Le terme du voyage est identique à son « Originel » même si le voyage est infini… Baroudeur de l’absolu, il circule encore et toujours sur la route…

Alors, lorsqu’il trouve devant lui un interlocuteur qui veut en savoir davantage, sur sa vie son oeuvre son parcours hors du commun, ses voyages, et sa quête insatiable, il devient intarissable. Ici on trouvera, rassemblées les traces écrites des différentes étapes de son parcours. Homme d’expérience, il est aussi un homme de paroles, à tous les sens du terme.

Sa voix pleine et chaleureuse

L’oralité lui convient et sa voix pleine et chaleureuse, qui le caractérise et en dit long sur son être, accompagne le discours. Les mots ne sont pas vides, ils sont précis. Alors nous sommes sous le charme, captivés par les chemins de parole qu’il dessine devant nous. Il ne nous reste plus qu’à suivre les traces qu’il veut bien proposer, nous laissant, bien sûr, le loisir d’en disposer. Libre à nous de construire notre propre route…

Et il serait contradictoire qu’un homme libre veuille défaire la liberté d’un autre. Les âmes fragiles ou récalcitrantes au questionnement sur soi s’abstiendront mais sous l’apparente dureté, sous les provocations, il faut toujours considérer l’homme bienveillant. Et l’on apprendra alors à se déprendre de soi.

S’il endosse les costumes les plus extravagants c’est pour mieux laisser l’autre se défaire des siens : qu’on entende bien cela pour savoir qu’il n’y a pas tant de danger à le côtoyer… quoi qu’il en dise. Il y a juste à mesurer notre propre taille. Juste savoir ce que l’on peut. Et ajuster.

Cette lenteur dont il fait l’éloge

Alors, si l’on peut formuler quelque souhait à son endroit, disons qu’on attend de lui qu’il déploie ses possibles, son envergure déjà grande, on attend qu’il écrive, qu’il vive sa vie, libre d’en décider…

Et nous aimons comme il aime à le souligner le voir se pencher sur sa feuille blanche, pour la remplir de son écriture spontanée, ses journaux ou d’autres chantiers de sa calligraphie si caractéristique, déchiffrable par lui seul.

On attend donc de voir ou plutôt de lire impatiemment même si ce qui le caractérise c’est cette lenteur dont il fait l’éloge et qui dans sa personne devient vertu ennoblissant l’homme contre les exigences d’une société débridée, éprise de rapidité où l’on veut tout, tout de suite, sans doute parce que l’essentiel manque souvent.

Un repère, un phare

La rigueur qu’il s’octroie et qu’il exige des autres n’est en aucun cas un frein à la qualité, elle en est la condition : les choses, dit-il souvent, se feront ou bien encore, « laissons-les venir ». Ce qui n’est pas dans son propos le signe d’un laisser-aller, simplement un art de vivre.

Prévisualiser(ouvre un nouvel onglet)

Pour toutes ces raisons, Charles Antoni est pour son entourage et pour ses lecteurs fussent-ils éloignés géographiquement, un repère, un phare autour duquel il devient possible de rayonner. Et l’Originel appelé par ses habitués le « Centre » n’est pas seulement un lieu de travail mais de rencontres, d’échanges, de passage du temps, celui de l’infini voyage dont l’Âme est assurément son fondateur et son continuateur, c’est-à-dire lui-même.

Avant-propos de l’auteur de “Verticalité”

Qu’est-ce donc qu’une vie ? Et que dire de la mienne quand je la regarde sous le prisme de mes recherches ? Je vois des chemins parcourus et multiples et des occasions que j’appelle opportunités, elles ont jalonné ma quête et le lecteur peut être surpris de la disparité des contenus.

Toutefois je lui propose de parcourir cet ouvrage en indiquant qu’il y a, sous-jacent, un fil conducteur : chacune de mes expériences, chacun de mes voyages ou de mes rencontres est sous-tendu par cet objectif de Verticalité.

Tout a été pour moi objet de curiosité inlassable à laquelle j’ai tenté de donner une ligne directrice. Je ne me suis pas laissé détourner du chemin que je m’étais tracé dès mes premières lectures, mes premières découvertes.

Qu’il s’agisse de ces domaines si différents tels que la musique, le football, les médecines extrêmes orientales et bien d’autres, sous les apparences j’ai cherché à révéler la Tradition ou du moins j’ai tenté d’aller au cœur des choses, comme je me suis efforcé également de retrouver les grands signes contenus dans les mythes. C’est toujours cette même Elévation qui me guide : le Sublime voguant au-dessus de l’horizontalité commune, comme le rappelle également dans sa forme poétique le mot baudelairien d’Albatros ? Parabole de cette verticalité de l’être totalement étranger au monde comme il va.

C’est toujours une sorte d’Albatros empêtré qui tente de transcender l’engluement éternel. Pourvu que je découvre mon chemin donc ma véritable source. Et on ne trouvera pas dans cet ouvrage d’ultime réponse à ce qu’est la Verticalité mais comment on y va, comment on tend vers elle.

Charles Antoni, Paris, Juillet 2010.