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U.G. Krishnamurti, l’éveillé impertinent

Entretien de Joël Labruyère avec Charles Antoni

U.G. Krishnamurti fut à la fois un être des plus simples et des plus étonnants qu’il m’ait été donné de rencontrer

U.G. Krisnamurti
U.G. Krisnamurti

En apprenant le décès de U.G. Krishnamurti et la manière dont il s’était abandonné dans la dernière étape de son « histoire personnelle », je me remémorai les instants passés en sa compagnie, il y a quelques années de cela, où déjà j’avais pressenti qu’il mettrait en application sa manière de penser à ce sujet, lorsqu’il m’avait dit : « Si je tombais malade, alors je me coucherais tel un chien près d’un arbre, je geindrais et puis, ciao, me laisserais aller sans faire d’histoires ». U.G. Krishnamurti fut à la fois un être des plus simples et des plus étonnants qu’il m’ait été donné de rencontrer. La clef de sa vie pourrait se résumer dans cette phrase : « Au milieu des épines… je marche ».

Charles Antoni

Joël Labruyère : Originaire de l’Inde, U. G. Krishnamurti – à ne pas confondre avec l’autre Krishnamurti, mondialement célèbre – est assez peu connu. Gopala ne veut pas être importuné, et vous êtes le dernier à l’avoir rencontré pour lui soutirer quelques confidences. Peut-on dire de ce personnage qu’il est une sorte d’anti-gourou ?

U.G. est un personnage au-delà de toutes les normes

U.G. Krishnamurti & Charles Antoni
U.G. Krishnamurti & Charles Antoni

Charles Antoni : U.G. Krishnamurti est un personnage au-delà de toutes les normes. C’est un anti-tout. Il vient de Madras où il fut élevé dans le cadre de la Société Théosophique. Ses parents, qui lui prédisaient un destin particulier, l’avaient mis dans une école théosophique pour qu’il bénéficie d’un environnement privilégié. Il a suivi l’évolution de Krishnamurti, l’enfant chéri des théosophes, élevé pour devenir le messie du vingtième siècle, mais qui leur a cassé la baraque en rejetant toute autorité spirituelle. Cela lui a sans doute montré la voie. U.G. a poursuivi sa recherche en rencontrant d’autres maîtres tel Ramana Maharshi, mais je crois que Krishnamurti l’a beaucoup influencé. Après la rupture de Krishnamurti avec la sphère des « maîtres », U.G. a conclu que tout cela n’était qu’un fatras.

J. L. : Krishnamurti a dit : « J’ai pulvérisé le rocher sur lequel j’ai grandi », et « il n’y a pas de chemin qui conduise à la vérité. » UG ne veut-il pas là en rajouter une couche ?

C. A. : Oui, dans la foulée, on peut dire qu’U.G. Krishnamurti a voulu pulvériser Krishnamurti également, du moins en paroles. U.G. pense que Krishnamurti s’est malgré tout cantonné dans une position d’autorité, tout en rejetant toutes les autorités. Quant à lui, U.G. Krishnamurti rejette radicalement toutes les spiritualités. Il pense que cela ne mène nulle part. Il rejette également le matérialisme, ce qui signifie qu’il ne reste pas grand chose. C’est pourquoi U.G. peut être dangereux pour des personnes qui n’ont pas assez navigué à travers les doctrines spirituelles. Tout à coup, on ne sait plus à quel saint se vouer. Si tout est bidon, où sont les bornes pour se tenir debout ? Par contre, l’expérience de U.G. Krishnamurti est instructive pour un chercheur qui s’est cassé la figure sur les peaux de bananes du supermarché spiritualiste.

Idée dominante qui ressort de la démarche d’U.G.

J. L. : Quelle est l’idée dominante qui ressort de la démarche d’U.G. ?

C. A. : Il dit qu’on a très peu de chance d’arriver à quelque chose. Son idée, c’est de retrouver l’état naturel, ce que nous sommes tout simplement.

Il ne s’agit pas de retourner à l’état animal, mais de ne prendre en compte que les besoins naturels. Il faut revenir à l’état naturel, sans la complication du mental. Pour U.G. Krishnamurti, le mental est en trop. Cela ne nous empêche pas de savoir ce qu’est un feu rouge, mais la connaissance utile s’arrête là. Je pense que dans le fond, il nie l’évolution humaine en prenant pour exemple l’état lamentable du monde.

S’il y a une certaine évolution technologique, on voit bien par ailleurs qu’il se crée des foyers de guerre partout. L’évolution humaine est rudimentaire. Elle n’est faite que de bonnes intentions. U.G. prend l’exemple de l’Inde. Voilà une grande civilisation spirituelle où l’on crève de faim en invoquant le ciel. Il y a quand même un problème.

U.G. considère les grands initiés comme des imposteurs

J. L. : Non seulement U.G. conteste la tradition spirituelle, mais il considère les grands initiés comme des imposteurs. Il parle du Bouddha comme d’un charlatan qui aurait fait plonger l’humanité dans des conditions encore pires. Comment expliquer ce point de vue extrémiste ?

C. A. : Je crois qu’il s’agit de provocation. Si U.G. Krishnamurti avait connu personnellement le Bouddha, il l’aurait sans doute apprécié. Sa provocation est dirigée contre ceux qui ont transformé le message originel. C’est contre les intermédiaires que U.G. s’érige. Il dénonce les magouilles des intermédiaires qui fabriquent des idoles mortes avec la vie elle-même. Dans la philosophie du Chan, on dit : « Si tu rencontres le Bouddha, crache lui dessus. » Pour les initiés, cette attitude n’est pas iconoclaste. Elle est libératrice.

U.G. a vécu l’illumination comme une transformation biologique

J. L. : U.G. ne nie pas avoir vécu un état d’illumination spécial qu’il appelle sa « calamité ». Il s’agit d’une expérience très curieuse avec apparition de phénomènes physiques et de traces mystérieuses sur le corps. On pense à une expérience tantrique. De quoi s’agit-il ?

C. A. : Il parle d’une calamité physique, mais on ne sait pas s’il s’agit d’une montée de kundalini ou d’un processus inconnu. U.G. a vécu cela comme une transformation biologique qu’on ne peut pas relier avec une expérience traditionnelle. Déjà, les Théosophes clairvoyants ne comprenaient rien au processus de transformation de Krishnamurti. Il s’agit de quelque chose qui est au-delà de l’occultisme. Cela proviendrait d’une autre dimension. Cette force ne toucherait que ceux qui veulent sortir du circuit de l’évolution planétaire.

J. L. : U.G. Krishnamurti parle d’une renaissance de la glande du thymus comme certains adeptes de la tradition hermétiste occidentale. C’est un courant initiatique assez secret.

C. A. : Oui, le système glandulaire est d’une importance fondamentale dans la transformation intérieure. Le contrôle du fonctionnement glandulaire donne le pouvoir sur tout, et particulièrement le thymus qui est le centre de la vitalité et de l’immunité. Cette glande, située derrière le sternum, est atrophiée chez l’adulte, mais elle constitue le réservoir de vitalité chez l’enfant jusqu’à sept ans. U.G. semble connaître le processus de régénération par le thymus. A quatre vingt six ans, il a d’ailleurs l’allure d’un adolescent.

La libération passe par le cœur

J. L. : Les adeptes de l’alchimie interne disent que le thymus peut se réveiller et produire à nouveau des hormones qui vont servir à édifier un être éternel à l’intérieur de la créature mortelle que nous sommes. Il s’agirait d’une renaissance. On pense que les cathares ont été massacrés parce qu’ils pratiquaient cette initiation.

C. A. : Dans le Christianisme, on représente le Christ avec le cœur ouvert et une lumière rayonnante au centre de la poitrine. C’est l’indication que la libération passe par le cœur, et qu’il s’agit d’un processus organique, au lieu du mysticisme dont on entoure ce symbole.

Si sternum signifie « rayonnant », on comprend mieux la notion d’amour rayonnant, mais comme dit un maître japonais : « Quand j’entends parler d’amour, je frappe. » C’est pourquoi, lorsqu’il entend parler d’amour, U.G. devient acerbe, car il rejette la sentimentalité, ce qui ne l’empêche pas d’être charmant et de bonne compagnie.

L’amour réel n’est pas celui qu’on voit dans la vie ordinaire. L’amour n’est pas de l’humanitarisme. C’est un état qu’on ne peut connaître qu’après un processus de renaissance, mais U.G. ne fait pas de théorie à ce sujet. Il ne dit même pas qu’il faut essayer d’y parvenir. Cela arrive par accident. Il parle d’une « calamité » qui lui est tombée dessus et qu’il supporte comme tout le reste.

J. L. : Mais si on ne peut rien faire, à quoi bon se fatiguer à chercher ?

L’illumination survient au moment où on s’y attend le moins

C. A. : U.G. dit que malgré tous nos efforts, nous avons peu de chance. On ne sait pas comment et pourquoi ça nous tombe dessus. Il est fort possible que cela arrive lorsqu’on ne croit plus en rien, quand la limite de la désillusion est atteinte. Celui qui est un véritable baroudeur, et qui est parvenu au point où il a tout laissé tomber, à sans doute les dispositions requises, à condition qu’il demeure assoiffé d’absolu. On retrouve cela dans le Zen : l’illumination survient au moment où on s’y attend le moins. C’est l’idée du Chan également. U.G. insiste beaucoup sur cette transformation biologique dont les maîtres spirituels parlent peu, peut-être par prudence, ou parce qu’ils n’y ont pas accès eux-mêmes.

J. L. : On peut donc dire que U.G. n’est pas un nihiliste, mais qu’il rejette uniquement ce qui n’a aucune importance à ses yeux. U.G. ne cherche pas à transmettre sa connaissance. Il ne veut même pas en parler, alors qu’il prétend être libéré de tout souci et de la peur. Pourquoi n’en fait-il pas profiter les autres ?

C. A. : A mon avis, c’est une question de tempérament. Certains sont disposés à en parler et d’autres, non. Le caractère de U.G. c’est de prendre les choses comme elles sont sans se poser de question. U.G. a toujours vécu à la limite, puisqu’il a été clochard, dormant dans la rue et a sauté à pieds joints dans un lâcher-prise absolu. Il était prêt à se laisser mourir, et d’ailleurs, en cas de maladie, il se « couche dans un coin et attend en gémissant comme un chien. » Il affirme qu’un être vivant n’a pas à se poser de question sur la vie et la mort, ou la vie après la mort. Quelqu’un de vivant est simplement occupé à vivre.

Pour U.G., l’idée d’atteindre quelque chose n’existe pas

J. L. : U.G. ne donne-t-il pas l’impression d’avoir atteint la sérénité parce que quelque chose de nouveau est programmé dans son corps, et qu’il sait qu’il est tiré d’affaire ?

C. A. : Pour lui, l’idée d’atteindre quelque chose n’existe pas car il a abandonné tous les concepts. Bien qu’il fasse preuve d’une compassion naturelle, on ne trouve chez lui aucune trace de nos bons sentiments. Il n’est pas missionné pour sauver qui que ce soit.

Selon lui, celui qui prétend vouloir aider autrui démontre qu’il éprouve encore des besoins. Vouloir faire du bien ne serait qu’un besoin égocentrique. U.G. va encore plus loin, puisqu’il prétend que tout désir d’accomplir une action provient de l’attachement. Il semble avoir décroché de toutes les convenances, alors qu’il continue à vivre normalement à Londres dans une maison confortable.

Personne ne sait d’où lui vient l’argent, car il ne donne pas de conférences et n’écrit pas de livres. Aujourd’hui, il refuse même les interviews, et j’ai été le dernier à l’interroger. On sait qu’il voyage, il va en Chine ou ailleurs, sans laisser d’adresse. Pourquoi voyage-t-il ? Personne ne le sait.

J. L. : Est-ce qu’en approchant ce personnage, on est tenté de l’imiter ?

C. A. : J’ai rencontré quelqu’un qui s’est débarrassé de toutes les idées que nous traînons péniblement derrière nous. Mais il n’y a rien à imiter. Lorsqu’on pige le truc, on n’a pas envie d’être comme U.G. ou n’importe qui d’autre. On est soi-même. Lui, à quatre-vingt six ans, avec son physique enfantin, donne l’impression d’une grande légèreté. Il adore cuisiner pour ses invités, mais je ne l’ai vu manger que des céréales avec du lait comme un gosse. Il ne vous accable pas de théories. C’est bien rafraîchissant.

Lecture : UG. Pertinences impertinantes

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Le secret de l’éveil, la transmission de Poonjaji

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Swami H.W.L. Poonja est l’un des êtres les plus remarquables qu’il m’ait été donné de rencontrer dans ma vie. Charles Antoni

Présenté par le Blog Eveil impersonnel

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Le Kaya-Kalpa : la science indienne de la réjuvénation

Charles Antoni Inde Kaya-Kalpa

Yogi Amrit Anandi Ghiri et Charles Antoni - Kaya-Kalpa« En 1976, je rencontrai Gorak Nath Chaturvedi professeur de Kayachikitsa à l’Université de Bénarès. Il m’a transmis quelques unes des données de cette très ancienne science de la réjuvénation, le Kaya-Kalpa. »
Charles Antoni

Kaya signifie « corps » et Kalpa « changer »

Retrouver sa vitalité, sa vigueur, sa force sexuelle

Tout procédé employé pour la transformation du corps et mené à terme est littéralement désigné par Kaya-Kalpa..

Kaya-Kalpa n’est pas un terme classique, c’est un mot récent qui ne s’est développé que très tardivement.

Kaya-Kalpa est donc le terme technique utilisé par un type particulier de discipline médicale qui permet à un individu de retrouver sa vitalité, sa vigueur, sa force sexuelle et tout ce qui peut l’amener à une réjuvénation.

A l’origine le Kaya-Kalpa était conçu uniquement pour des personnes en excellente santé bien qu’il puisse être utilisé officiellement sur des personnes malades.

L’âge idéal pour la pratique du Kaya-Kalpa se situe entre 45 et 60 ans. En aucun cas il ne peut convenir à des personnes trop jeunes ou à des personnes d’un âge trop avancé.

Les trois composantes du Kaya-Kalpa

Les expressions classiques de Kaya-Kalpa sont : Panchakarma, Rasayana, Vajikarana. En fait ces trois composantes combinées ensemble forment le Kaya-Kalpa.

Panchakarma renferme toutes les thérapies d’élimination, d’épuration du corps qui permettent de rejeter tous les résidus se trouvant dans le corps.

Rasayana est la thérapie permettant la réjuvénation des tissus et l’arrêt du processus de l’âge.

Vajikarana est le traitement contenant les disciplines et moyens qui opèrent sur l’énergie et la force sexuelle.

Considérons maintenant très brièvement ces trois composantes du Kaya-Kalpa.

1) Panchakarma

Pancha signifie cinq et Karma : thérapie. Les 5 types de traitement. Ces 5 types de thérapie incluent : les administrations à base d’huiles médicales, des sudations, des diurétiques, des purgatifs et l’introduction de décoctions et d’huiles médicales par le rectum. En fait ces cinq traitements sont généralement employés comme mesures préparatoires au traitement principal.

Des maladies comme l’arthrite, le corysa etc..sont très bien soignées par ce genre de traitement.

Massage UzhichilAprès l’application de ces différentes thérapies le corps est complètement nettoyé et prêt pour le Kaya-Kalpa proprement dit.

Traitement préopératoire : Suchana

Avant d’entreprendre ces 5 thérapies il est nécessaire de suivre un traitement préopératoire en quelque sorte.

Ce traitement dure 7 jours et consiste à prendre chaque jour une certaine quantité de matière grasse, ce peut être de la graisse de vache, du beurre etc..Puis attendre que la fermentation puisse se faire. Après quoi un régime particulièrement léger est prescrit, ce régime peut être soit végétarien soit non végétarien.

C’est seulement après ce traitement appelé suchana que panchakarma peut être appliqué.

2) Rasayana

Rasayana traite les problèmes de l’âge avancé et de la réjuvénation des tissus. Cette thérapie conduit spécialement à l’accroissement de la vitalité, de la force et de la longévité.

D’autres bénéfices résultant de cette méthode sont : développement de la mémoire, immunité contre les maladies, éclat de la peau, meilleure voix etc.

Il existe une préparation à base d’herbes qui est couramment employée ; ces herbes sont très familières et peuvent être facilement trouvées sur le marché.

Mais il existe aussi une préparation à base de mercure, souffre, or, argent, cuivre, arsenic qui est principalement utilisée pour le Kaya-Kalpa. Certaines préparations à base de métaux précieux peuvent être aussi utilisées pour des personnes atteintes de maladies chroniques.

3) Vajikarana

Vajikarana concerne l’accroissement de la virilité.

Vaji signifie santé, donc on peut dire que la santé se reconnaît d’une certaine manière dans le contexte sexuel.

Vaji signifie aussi éjaculation de la semence, ce traitement apportera une plus grande puissance sexuelle et une grande vitalité.

Vajikarana présente deux aspects dans son traitement.

Un aspect qui permet d’augmenter la force sexuelle afin de jouir d’une meilleure et plus grande vie sexuelle et d’être en mesure de satisfaire plus pleinement sa partenaire.

Le second aspect est de permettre chez une personne l’accroissement de la sécrétion séminale, même chez quelqu’un d’âgé, et la rendre ainsi plus fertile et productrice. Augmenter cette fertilité signifie donner à la personne la possibilité d’avoir plus d’enfants.

Notre existence biologique réclame la perpétuation de l’espèce et nous devons obéir à cette demande.

Autrefois l’Inde avait besoin d’une importante population. Tous les remèdes, toutes les drogues qui opèrent sur l’énergie, la puissance sexuelle, la fertilité, font partie de Vajikarana. Les drogues les plus connues sont : les préparations de cannabis, d’opium, les préparations à base d’or, les préparations de stychine.

Revues L'Originel - Kaya-KalpaLes préparations

En ce qui concerne les préparations des métaux, une des drogues les plus connues est un remède à base de mercure, cuivre, mica. Chaque jour cette drogue est administrée au patient à doses croissantes et toujours accompagnée de lait.

On augmente proportionnellement le lait jusqu’à vingt litres. Aucune autre nourriture ne doit être prise à l’exception de jus de fruit et de soupes légères. Après un certain temps on diminue la quantité de lait et on revient à nouveau à un régime normal. Ce traitement dure 40 jours.

La pratique quotidienne du remède mercure est une des formes de Kaya-Kalpa.

L’une des préparations les plus connues d’herbes se trouve facilement sur les marchés, elle s’appelle Syavana prakasa.

L’hiver il est conseillé vivement aux patients d’en prendre ; plus particulièrement ceux qui souffrent de bronchite chronique, de coryza etc.

L’histoire dit que Syavana qui était un très vieux moine, désirait ardemment une très jeune fille, tant il était émerveillé par elle. Comme il n’avait plus guère d’énergie, il se fit apporter cette préparation et la consomma. C’est ainsi qu’il devint à nouveau très jeune et put ainsi épouser cette jeune fille.

Le lieu

A l’origine, la pratique du Kaya-Kalpa se faisait à l’intérieur de trois pièces imbriquées l’une dans l’autre.

La personne devait s’enfermer dans la pièce centrale et y rester pour une période de trois mois.

Actuellement il n’en est plus tout à fait ainsi.

L’idée est que le patient doit se trouver dans un endroit retiré, sans perturbation mentale ; dans la paix. Il ne doit être ni exposé aux bruits, au soleil, au froid, sans aucune perturbation climatique.

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Verticalité, de Charles Antoni

Charles Antoni


Objectif Verticalité

Charles Antoni, auteur de Verticalité
Charles Antoni, auteur de Verticalité

Qu’est-ce donc qu’une vie ? Et que dire de la mienne quand je la regarde sous le prisme de mes recherches ? Je vois des chemins parcourus et multiples et des occasions que j’appelle opportunités, elles ont jalonné ma quête de verticalité. En effet le lecteur peut être surpris de la disparité des contenus.

Je lui propose donc de parcourir cet ouvrage en indiquant qu’il y a, sous-jacent, un fil conducteur. Chacune de mes expériences, chacun de mes voyages ou de mes rencontres est sous-tendu par cet objectif de Verticalité.

Tout a été pour moi objet de curiosité inlassable à laquelle j’ai tenté de donner une ligne directrice, la verticalité. Ainsi je ne me suis pas laissé détourner du chemin que je m’étais tracé dès mes premières lectures, mes premières découvertes.

Qu’il s’agisse de ces domaines si différents tels que la musique, le football, les médecines extrêmes orientales et bien d’autres, sous les apparences j’ai cherché à révéler la Tradition. Ou du moins j’ai tenté d’aller au cœur des choses comme je me suis efforcé également de retrouver les grands signes contenus dans les mythes. C’est toujours cette même Elévation qui me guide : le Sublime voguant au-dessus de l’horizontalité commune. Comme le rappelle également dans sa forme poétique le mot baudelairien d’Albatros. Parabole de cette verticalité de l’être totalement étranger au monde comme il va.

C’est toujours une sorte d’Albatros empêtré qui tente de transcender l’engluement éternel. Pourvu que je découvre mon chemin donc ma véritable source. Bien sûr on ne trouvera pas dans cet ouvrage d’ultime réponse à ce qu’est la Verticalité mais comment on y va, comment on tend vers elle.

Charles Antoni, Paris, Juillet 2010.

Amour pour la liberté

Ce n’est pas une relation passionnelle avec son fume-cigarette qui pourrait contredire son amour pour la liberté, celle qu’on se donne à soi-même. En quoi d’ailleurs y aurait-il là matière à le contredire ? Tout juste question de souligner gentiment l’apparent paradoxe. On n’est pas forcément d’accord avec Charles Antoni, au demeurant, il force l’admiration. Vivre sa vie, telle est l’injonction qu’il propose et qu’il s’offre à lui-même. Ce qu’il nous expose ici à travers la verticalité. A nous de disposer. S’il a choisi l’écriture, ou même si elle l’a choisi, il voudrait consacrer davantage de temps à ses livres. Il va sans dire qu’il ne connaît jamais l’ennui.

Entre lecture et écriture

Les livres ? Une passion également entre lecture et écriture, là encore, le temps lui manque, parfois pour s’y consacrer pleinement mais on peut aisément constater l’attachement qu’il leur porte. Une belle fidélité. Ecrivain, lecteur, éditeur, avec lui, nous ne sortons pas du cercle des mots mais on se méprendrait à croire qu’il oublie de vivre pour autant. Simplement, il ne choisit pas entre l’écriture et la vie, elles sont intimement liées, alors tout devient pour lui objet d’interrogation, matière à penser donc à écrire. L’essentiel étant d’abord et avant tout ce qu’il ressent. Et de nous demander souvent : « Que ressens-tu ? » Nous rappelant ainsi sans doute à des fondamentaux.

Baroudeur de l’absolu

Charles Antoni est resté fidèle à lui-même, il a gardé tout au long de sa vie, riche au demeurant, les options fondamentales qui valent objectifs indéfectibles : le socle n’a pas changé depuis ses premiers engagements et ses premiers voyages. Toujours revenir à ce qu’il appelle la Verticalité. Le terme du voyage est identique à son « Originel » même si le voyage est infini… Baroudeur de l’absolu, il circule encore et toujours sur la route…

Alors, lorsqu’il trouve devant lui un interlocuteur qui veut en savoir davantage, sur sa vie son oeuvre son parcours hors du commun, ses voyages, et sa quête insatiable, il devient intarissable. Ici on trouvera, rassemblées les traces écrites des différentes étapes de son parcours. Homme d’expérience, il est aussi un homme de paroles, à tous les sens du terme.

Sa voix pleine et chaleureuse

L’oralité lui convient et sa voix pleine et chaleureuse, qui le caractérise et en dit long sur son être, accompagne le discours. Les mots ne sont pas vides, ils sont précis. Alors nous sommes sous le charme, captivés par les chemins de parole qu’il dessine devant nous. Il ne nous reste plus qu’à suivre les traces qu’il veut bien proposer, nous laissant, bien sûr, le loisir d’en disposer. Libre à nous de construire notre propre route…

Et il serait contradictoire qu’un homme libre veuille défaire la liberté d’un autre. Les âmes fragiles ou récalcitrantes au questionnement sur soi s’abstiendront mais sous l’apparente dureté, sous les provocations, il faut toujours considérer l’homme bienveillant. Et l’on apprendra alors à se déprendre de soi.

S’il endosse les costumes les plus extravagants c’est pour mieux laisser l’autre se défaire des siens : qu’on entende bien cela pour savoir qu’il n’y a pas tant de danger à le côtoyer… quoi qu’il en dise. Il y a juste à mesurer notre propre taille. Juste savoir ce que l’on peut. Et ajuster.

Cette verticalité dont il fait l’éloge

Alors, si l’on peut formuler quelque souhait à son endroit, disons qu’on attend de lui qu’il déploie ses possibles, son envergure déjà grande, on attend qu’il écrive, qu’il vive sa vie, libre d’en décider…

Et nous aimons comme il aime à le souligner le voir se pencher sur sa feuille blanche, pour la remplir de son écriture spontanée, ses journaux ou d’autres chantiers de sa calligraphie si caractéristique, déchiffrable par lui seul.

On attend donc de voir ou plutôt de lire impatiemment même si ce qui le caractérise c’est cette lenteur dont il fait l’éloge et qui dans sa personne devient vertu ennoblissant l’homme contre les exigences d’une société débridée, éprise de rapidité où l’on veut tout, tout de suite, sans doute parce que l’essentiel manque souvent.

La verticalité, un repère, un phare

La rigueur qu’il s’octroie et qu’il exige des autres n’est en aucun cas un frein à la qualité, elle en est la condition : les choses, dit-il souvent, se feront ou bien encore, « laissons-les venir ». Ce qui n’est pas dans son propos le signe d’un laisser-aller, simplement un art de vivre.

Pour toutes ces raisons, Charles Antoni est pour son entourage et pour ses lecteurs fussent-ils éloignés géographiquement, un repère, un phare autour duquel il devient possible de rayonner. Et l’Originel appelé par ses habitués le « Centre » n’est pas seulement un lieu de travail mais de rencontres, d’échanges, de passage du temps, celui de l’infini voyage dont l’Âme est assurément son fondateur et son continuateur, c’est-à-dire lui-même.

Préface de Paule Orsoni

Radio Ici et Maintenant, Entretien avec Charles Antoni