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IRINA TWEEDI, enseignement soufi

Irina Tweedie

par Irina Tweedie

Née en Russie en 1907, Irina Tweedie fut élevée à Vienne et à Paris, puis elle s’établit en Angleterre.

Irina Tweedie
Irina Tweedie

Troublée par la mort prématurée de son mari en 1954, elle chercha à donner un sens à sa vie.
Sa quête la mena quelques années plus tard en Inde où, en 1961, elle trouva sa voie auprès d’un maître soufi qui bouleversa sa vie. Ce maître lui demanda de tenir un journal de ses observations.
C’est de ce journal que ce livre a été tiré dix années plus tard. L’auteur nous décrit ici son expérience de Libération :
C’est le compte rendu d’une lente dissolution de la personnalité – processus douloureux car l’homme ne peut pas se refaire sans souffrir. J’avais espéré recevoir une instruction par le yoga…
Je me trouvai alors face à ma nuit intérieure… Je fus broyée dans tous les sens du terme jusqu’à ce que j’entre en contact en moi avec ce que j’avais rejeté toute ma vie…»

Présentation de Charles Antoni

«Livre d’une extrême valeur retraçant au jour le jour, presque simultanément l’expérience d’émancipation d’une femme sur la voie du soufisme, dans laquelle l’observateur et le champ d’expérience ne font qu’un.
Dans cette expérience il s’agit d’une mise à nu de ses propres souffrances, d’une rencontre avec ses propres démons, d’un face à face avec ses conflits intérieurs, pour arriver à s’accepter tel que l’on est et non pas tel que l’on pense être.
Processus douloureux qui passe par une mort à soi-même, par une destruction de nos «échelles de valeurs», et par l’extinction de l’Ego-Usurpateur.
Mort volontaire, appelée «fana» par les soufis, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que cendres, afin que de ces cendres renaissent une vie nouvelle et une liberté absolue.
Anéantissement du vieil homme pour que puisse se manifester l’Homme Nouveau.»

Avant propos  de l’auteur

Ce livre relate un travail spirituel selon l’ancienne tradition « yogique ».
« Tenez un journal » me dit le maître « un jour, ce sera un livre ».
Mais vous devez l’écrire de manière à ce qu’il puisse aider les autres, afin que les gens disent :
telles et telles choses sont arrivées, il y a des milliers d’années de cela ; nous l’avons lu dans des livres.
Ce livre sera la preuve que les choses racontées se passent aujourd’hui, comme elles se sont passées hier et se passeront demain, pour « la bonne personne, au bon moment, et à la bonne place. »
J’ai conservé la forme du journal, pensant que cela traduirait mieux le caractère immédiat de l’expérience et c’est pour la même raison que j’ai utilisé la première personne du singulier tout au long de cet ouvrage.
J’ai d’abord tenté de l’écrire d’une manière moins personnelle, un peu comme une histoire, mais il m’a semblé perdre de son impact et ne pas traduire mon vécu jour après jour.
Le premier jet est sorti en septembre 1971 à Sutherland en Ecosse, soit près de 10 ans après ma première rencontre avec mon Maître.
Avant, il m’aurait été impossible de commencer. Je n’aurais même pas pu jeter un oeil sur les notes de mon journal. J’étais comme prise de panique : je redoutais cela, car trop de souffrance y était rattachée. L’érosion de la personnalité est un processus lent et douloureux.

C’est l’histoire d’un apprentissage et l’apprentissage est une continuelle répétition.
L’élève doit reprendre sa leçon encore et encore, pour être capable de la donner à son tour.
Le maître doit répéter la leçon, la présenter sous différents angles pour que l’élève comprenne et se souvienne. Chaque situation est revécue à plusieurs reprises, déclenchant à chaque fois une réaction psychologique légèrement différente qui mène à l’expérience suivante et ainsi de suite.

Quelque part, dans l’une des Upanishads, il y a une phrase qui condense merveilleusement toute notre quête de spiritualité :
« Si vous aspirez à la Vérité aussi fortement qu’un homme qui se noie cherche de l’air, alors, vous la saisirez en un tiers de seconde
. »
Mais qui désire la vérité autant que cela ?
C’est la tâche du maître d’enflammer le cœur d’un feu si ardent de désir.
Il est de son devoir de le maintenir en flammes jusqu’à ce qu’il ne reste que des cendres.
Car seul un cœur qui s’est brûlé à l’intérieur est capable d’amour.

Mon sincère et ardent désir serait que cet ouvrage soit un indicateur sur le chemin, au moins pour quelques-uns d’entre nous, car comme le dit le fameux dicton : « Nous sommes à la fois le Pèlerin et le Chemin ».

LONDRES – Irina Tweedie.

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Le secret de l’éveil, la transmission de Poonjaji

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Consacrez du temps à votre propre Soi

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Le secret de l’éveil, la transmission de Poonjaji révèle la possibilité de découvrir la véritable Liberté maintenant. En fait, aucune pratique, aucun délai ne sont nécessaires ! Voici donc l’offrande de Poonjaji à ce monde.

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Le plein éveil est possible ici et maintenant

Ce livre présente au monde une avancée extraordinaire. En fait, le plein éveil est possible ici et maintenant pour chacun, peu importent les circonstances personnelles, le passé ou la pratique à laquelle on s’adonne. Ainsi, c’est cette possibilité qu’offre l’enseignement et la transmission de Sri H.W.L. Poonja.
Beaucoup de chercheurs ont entrevu la Vérité à travers des pratiques psychédéliques, en méditant ou pendant des moments de grâce inattendus. Pourtant, par une compréhension erronée, nous incite à penser que l’ego assimile ces moments comme une expérience parmi tant d’autres.

Découvrir la véritable Liberté maintenant

Nous croyons dur comme fer qu’il n’est pas possible d’être pleinement Éveillé dans cette vie. Cependant, le secret de l’éveil, la transmission de Poonjaji révèle la possibilité de découvrir la véritable Liberté maintenant. Aucune pratique, aucun délai ne sont nécessaires ! Voici donc l’offrande de Poonjaji à ce monde.

Swami H.W.L. Poonja est l’un des êtres les plus remarquables qu’il m’ait été donné de rencontrer dans ma vie. Charles Antoni

Présenté par le Blog Eveil impersonnel

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Verticalité, de Charles Antoni

Charles Antoni


Objectif Verticalité

Charles Antoni, auteur de Verticalité
Charles Antoni, auteur de Verticalité

Qu’est-ce donc qu’une vie ? Et que dire de la mienne quand je la regarde sous le prisme de mes recherches ? Je vois des chemins parcourus et multiples et des occasions que j’appelle opportunités, elles ont jalonné ma quête de verticalité. En effet le lecteur peut être surpris de la disparité des contenus.

Je lui propose donc de parcourir cet ouvrage en indiquant qu’il y a, sous-jacent, un fil conducteur. Chacune de mes expériences, chacun de mes voyages ou de mes rencontres est sous-tendu par cet objectif de Verticalité.

Tout a été pour moi objet de curiosité inlassable à laquelle j’ai tenté de donner une ligne directrice, la verticalité. Ainsi je ne me suis pas laissé détourner du chemin que je m’étais tracé dès mes premières lectures, mes premières découvertes.

Qu’il s’agisse de ces domaines si différents tels que la musique, le football, les médecines extrêmes orientales et bien d’autres, sous les apparences j’ai cherché à révéler la Tradition. Ou du moins j’ai tenté d’aller au cœur des choses comme je me suis efforcé également de retrouver les grands signes contenus dans les mythes. C’est toujours cette même Elévation qui me guide : le Sublime voguant au-dessus de l’horizontalité commune. Comme le rappelle également dans sa forme poétique le mot baudelairien d’Albatros. Parabole de cette verticalité de l’être totalement étranger au monde comme il va.

C’est toujours une sorte d’Albatros empêtré qui tente de transcender l’engluement éternel. Pourvu que je découvre mon chemin donc ma véritable source. Bien sûr on ne trouvera pas dans cet ouvrage d’ultime réponse à ce qu’est la Verticalité mais comment on y va, comment on tend vers elle.

Charles Antoni, Paris, Juillet 2010.

Amour pour la liberté

Ce n’est pas une relation passionnelle avec son fume-cigarette qui pourrait contredire son amour pour la liberté, celle qu’on se donne à soi-même. En quoi d’ailleurs y aurait-il là matière à le contredire ? Tout juste question de souligner gentiment l’apparent paradoxe. On n’est pas forcément d’accord avec Charles Antoni, au demeurant, il force l’admiration. Vivre sa vie, telle est l’injonction qu’il propose et qu’il s’offre à lui-même. Ce qu’il nous expose ici à travers la verticalité. A nous de disposer. S’il a choisi l’écriture, ou même si elle l’a choisi, il voudrait consacrer davantage de temps à ses livres. Il va sans dire qu’il ne connaît jamais l’ennui.

Entre lecture et écriture

Les livres ? Une passion également entre lecture et écriture, là encore, le temps lui manque, parfois pour s’y consacrer pleinement mais on peut aisément constater l’attachement qu’il leur porte. Une belle fidélité. Ecrivain, lecteur, éditeur, avec lui, nous ne sortons pas du cercle des mots mais on se méprendrait à croire qu’il oublie de vivre pour autant. Simplement, il ne choisit pas entre l’écriture et la vie, elles sont intimement liées, alors tout devient pour lui objet d’interrogation, matière à penser donc à écrire. L’essentiel étant d’abord et avant tout ce qu’il ressent. Et de nous demander souvent : « Que ressens-tu ? » Nous rappelant ainsi sans doute à des fondamentaux.

Baroudeur de l’absolu

Charles Antoni est resté fidèle à lui-même, il a gardé tout au long de sa vie, riche au demeurant, les options fondamentales qui valent objectifs indéfectibles : le socle n’a pas changé depuis ses premiers engagements et ses premiers voyages. Toujours revenir à ce qu’il appelle la Verticalité. Le terme du voyage est identique à son « Originel » même si le voyage est infini… Baroudeur de l’absolu, il circule encore et toujours sur la route…

Alors, lorsqu’il trouve devant lui un interlocuteur qui veut en savoir davantage, sur sa vie son oeuvre son parcours hors du commun, ses voyages, et sa quête insatiable, il devient intarissable. Ici on trouvera, rassemblées les traces écrites des différentes étapes de son parcours. Homme d’expérience, il est aussi un homme de paroles, à tous les sens du terme.

Sa voix pleine et chaleureuse

L’oralité lui convient et sa voix pleine et chaleureuse, qui le caractérise et en dit long sur son être, accompagne le discours. Les mots ne sont pas vides, ils sont précis. Alors nous sommes sous le charme, captivés par les chemins de parole qu’il dessine devant nous. Il ne nous reste plus qu’à suivre les traces qu’il veut bien proposer, nous laissant, bien sûr, le loisir d’en disposer. Libre à nous de construire notre propre route…

Et il serait contradictoire qu’un homme libre veuille défaire la liberté d’un autre. Les âmes fragiles ou récalcitrantes au questionnement sur soi s’abstiendront mais sous l’apparente dureté, sous les provocations, il faut toujours considérer l’homme bienveillant. Et l’on apprendra alors à se déprendre de soi.

S’il endosse les costumes les plus extravagants c’est pour mieux laisser l’autre se défaire des siens : qu’on entende bien cela pour savoir qu’il n’y a pas tant de danger à le côtoyer… quoi qu’il en dise. Il y a juste à mesurer notre propre taille. Juste savoir ce que l’on peut. Et ajuster.

Cette verticalité dont il fait l’éloge

Alors, si l’on peut formuler quelque souhait à son endroit, disons qu’on attend de lui qu’il déploie ses possibles, son envergure déjà grande, on attend qu’il écrive, qu’il vive sa vie, libre d’en décider…

Et nous aimons comme il aime à le souligner le voir se pencher sur sa feuille blanche, pour la remplir de son écriture spontanée, ses journaux ou d’autres chantiers de sa calligraphie si caractéristique, déchiffrable par lui seul.

On attend donc de voir ou plutôt de lire impatiemment même si ce qui le caractérise c’est cette lenteur dont il fait l’éloge et qui dans sa personne devient vertu ennoblissant l’homme contre les exigences d’une société débridée, éprise de rapidité où l’on veut tout, tout de suite, sans doute parce que l’essentiel manque souvent.

La verticalité, un repère, un phare

La rigueur qu’il s’octroie et qu’il exige des autres n’est en aucun cas un frein à la qualité, elle en est la condition : les choses, dit-il souvent, se feront ou bien encore, « laissons-les venir ». Ce qui n’est pas dans son propos le signe d’un laisser-aller, simplement un art de vivre.

Pour toutes ces raisons, Charles Antoni est pour son entourage et pour ses lecteurs fussent-ils éloignés géographiquement, un repère, un phare autour duquel il devient possible de rayonner. Et l’Originel appelé par ses habitués le « Centre » n’est pas seulement un lieu de travail mais de rencontres, d’échanges, de passage du temps, celui de l’infini voyage dont l’Âme est assurément son fondateur et son continuateur, c’est-à-dire lui-même.

Préface de Paule Orsoni

Radio Ici et Maintenant, Entretien avec Charles Antoni

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Le bâton portugais : un art martial à redécouvrir

Jogo do pau

L’art du bâton au Portugal remonte à la tradition celtique

Jogo do pau

L’art du bâton portugais remonte à la tradition celtique, qui s’est installé principalement au Minho (nord), région celtique par excellence. On distingue principalement deux grandes écoles. L’école du Nord (Minho), et l’école de Lisbonne, une synthèse des techniques des régions du centre, spécialement dans le contrajogo, également appelé escrime du bâton.
Par Antonio do Rosârio Texeira.

Ame secrète du portugal

Art martial et élément de pratique ludique

Depuis les âges les plus reculés, l’homme a utilisé le bâton comme compagnon de ses marches et comme arme de protection. Avec le temps, il s’est transformé, ici et là, en instrument d’art martial et en élément de pratique ludique.
Aujourd’hui encore, il existe des tribus africaines qui pratiquent des combats au bâton, plus ou moins contrôlés, mais avec différentes évolutions. Cela conduit des combats, ou simplement des entraînements, plus ou moins dangereux, parfois même mortels.

Depuis des millénaires

Les différences sont parfois énormes entre les évolutions de ces techniques. En vérité, il existe des pratiques du bâton qui n’ont quasiment pas évolué pendant des siècles, particulièrement en Afrique.

Le bâton au passé : compagnon et symbole

Les différences d’évolution résident toujours dans la qualité de la défense, principalement dans le travail des jambes et dans l’évaluation exacte des distances. C’est ce développement d’attention, de concentration, mais aussi d’anticipation aux réactions de l’adversaire qui permet une sécurité aux contre-attaques, au moment juste.

Un véritable yoga

Le jeu de Pau est une danse, un véritable yoga. En effet, si les émotions et le mental sont contrôlés, nous sommes en présence d’une véritable voie martiale, dont la finalité est l’ouverture vers l’inconnu les réactions de l’adversaire, le développement de notre posture, de notre énergie et de notre capacité à prévoir les décisions et mouvements de l’adversaire.

Un peu d’histoire

Dans l’ancienne Egypte, plusieurs bas-reliefs présentent des scènes de combats sportifs avec plusieurs types de bâtons. Sont représentés, dans des tombes datant du troisième millénaire avant J.-C., des personnages luttant ou faisant des compétitions avec des bâtons. Nous pouvons même dire que tous les pays ont connu, avec plus ou moins d’intensité, des jeux de bâton, des arts développés pour que l’homme de la campagne, de la montagne, ait la possibilité d’amplifier sa capacité de défense relativement aux milieux hostiles, aux animaux sauvages et parfois à l’homme lui-même. Dans les villes, cette arme a souvent servi d’outil pour le développement des réflexes, de la coordination motrice, de la capacité d’auto-défense et de résistance physique.

Des noms très différents

Les noms donnés à ce type d’arts sont évidemment très différents les uns des autres ; parfois le sens est tout simplement celui du bâton : c’est le lathé de l’Inde (un bâton de bambou), le jang-bong de la Corée ou le bo du Japon (Okinawa), avec ses variétés : han-bo, jo, tan-bo, bâtons de différentes dimensions.
L’Europe n’a pas fait exception, et cet art martial s’est développé, par le passé, en France, en Angleterre, en Italie (qui conserve aujourd’hui la Paranza) et au Portugal, sans oublier les “les atlantiques comme les Açores et les Canaries.

Une adaptation aux pratiques indigènes

Les Portugais, pendant l’expansion des découvertes, du XIVe au XVIe siècle, emportèrent leur ancienne pratique du bâton en ces îles, et parfois l’adaptèrent aux pratiques indigènes (comme dans les “les Canaries). Ils l’ont ainsi diffusée au Brésil, en Afrique et en Inde (nous avons connaissance d’une région indienne, au sud de Goa, qui pratique le bâton portugais).

Le bâton au moyen âge

Le bâton, au moyen âge, fut aussi un élément très important de la formation du chevalier, principalement dans la phase préparatoire, celle d’écuyer. Le jeune compagnon apprenait à travailler le bâton, le tir à l’arc, par la suite la lance et l’épée. Combattre avec une épée sans avoir étudié le bâton est, à notre avis, une absurdité, car il est nécessaire de frapper pour apprendre les angles de défense réels, et pour ce faire le bâton est le substitut idéal de l’épée. Il est vrai que le bâton est une arme de frappe et que l’épée est une arme de coupe ; s’entraîner avec des épées aiguisées, c’est tout simplement les détruire.

Le bâton, un important symbole de pouvoir et d’équilibre

Sans la garde de mains, le bâton est même plus difficile à travailler ; une autre raison, c’est qu’il était idéal pour l’entraînement des jeunes aux angles corrects des gardes.
En outre, le bâton reste un important symbole de pouvoir et d’équilibre, et même un support de l’illumination ; c’est la raison du sceptre des pharaons, du bâton de maréchal ou de vice-roi des Indes, de la baguette des chefs d’orchestre ou de celle, magique, des fées. Il a été et continue à être le bâton du compagnon constructeur (instrument de mesure), comme il était jadis le litus de l’augure romaine et le rudis du gladiateur.

L’arme idéale

Pour le moine, dans le passé, il représentait l’arme idéale, car il n’était pas perdu comme tel mais comme l’auxiliaire des longues marches. Bien manipulé, le bâton pouvait se confronter avec toutes les autres armes de courte distance. Il présente même des avantages de distance et permet de blesser gravement ou légèrement.

Le bâton de Brahma

En Orient, il était aussi le symbole du canal central (sushumna), le bâton de Brahma, qui conduit à la transcendance des opposés, à l’illumination ou à la sagesse. En Occident, il reste présent dans le neuvième Arcane majeur du Tarot, l’Hermite, avec son bâton de support et sa chandelle pour éclairer le chemin. Une autre image se rencontre aussi en Occident, Juno Lucina, déesse romaine, la mère qui donne la lumière (lucina), et qui a donné son nom au mois de la lumière, du solstice d’été, Juin ; elle aussi était représentée avec un bâton.

Le bâton portugais traditionnel

Une partie de l’habillement des paysans

Au Portugal, dans le passé et jusqu’à notre siècle, le bâton n’était pas seulement un élément de pratique ludique, il faisait également partie de l’habillement des paysans dans toutes les régions du pays.
Le bâton est le compagnon des bergers des montagnes du nord et du centre du Portugal comme les saloios de l’Estrémadure (centre), comme encore, par exemple, les campinos (gardiens de taureaux) des marais du Ribatejo (centre) ou les cultivateurs de l’Alentejo.

Une tradition celtique

Nous pensons que l’art du bâton portugais remonte à la tradition celtique (celtibérique) parce que, comme le triple saut et le hockey faisaient partie des jeux celtiques du passé, cet art s’est installé principalement au Minho (nord), région celtique par excellence, où l’on trouve également des danses de bâton typiquement celtiques. Il est intéressant de voir que pau signifie bâton mais aussi, en langue celte, village.

Aujourd’hui, les plus âgés parlent de leurs familiers qui jouaient au bâton, cela est vrai, mais rarement ces personnes ont été de vrais joueurs de bâton, n’ayant pas travaillé dans une école. Ils portaient et manipulaient le bâton, mais ce n’étaient pas de véritables joueurs de bâton.

Une technique très sophistiquée de bâton conique

Au Portugal s’est développée une technique très sophistiquée de bâton conique – o varan ou cajado -, avec une distance de 1,50 m entre le bâton long et le bâton court. Les bois sont des branches de châtaignier, de chêne ou de roseau, selon les régions, mais le bâton portugais a presque toujours été fabriqué de branches d’alisier, en raison de sa résistance, de son élasticité et de sa plasticité ; même le son des coups est différent. Adoptant une façon de parler orientale, on peut dire que cet art est un jeu de l’élément bois (ou vent), et ceci montre la liaison avec les éléments spiralés des bâtons quand ils étaient dans les arbres, comme dans les mouvements exécutés lors des frappes.

Différents styles du jeu de Pau au Portugal

Il existe différents styles du jeu de bâton portugais (au nord, à Lisbonne ou dans les Açores), mais nous pouvons distinguer principalement deux grandes écoles : l’école du Nord (Minho), dont la technique s’est développée essentiellement au combat et dans les foires, avec sa varrimenta (un balayage suivi d’une attaque en biais), ses mouvements continus par devant et en arrière comme une toupie et encore ses attaques en rotation contraire, ses jeux de deux, de trois, du milieu, des croix, etc.

L’école de Lisbonne

L’école de Lisbonne, qui effectue une synthèse des techniques des régions du centre du pays, spécialement dans le combat entre deux adversaires le contrajogo, également appelé escrime du bâton, aujourd’hui travaillé avec grande vitesse et précision. Elle dérive des anciens moulinets du nord et du centre, techniques communes du passé aujourd’hui obsolètes, mais excellentes pour développer la coordination motrice et préparer les gardes et les attaques. Elle s’est essentiellement développée dans le travail des jambes et dans les techniques très vives et efficaces d’attaque, particulièrement les cortes (coups), l’unique forme correcte d’esquives sans exécuter des gardes.

Pour conclure

Que signifie enfin joueur (en portugais jogai) ? C’est pratiquer, conjuguer (conjugar) notre énergie avec celle de l’adversaire dans une danse d’énergie et d’harmonie. Qui voit jouer les Portugais comprend directement cette union d’énergies nécessaire pour qu’ils ne se touchent pas. C’est l’harmonie des corps et des esprits, un yoga ou un budo seulement les pratiquants portugais ne le savent pas, ce qui n’est, certes, pas très important.

Plus important est l’ignorance complète des autorités et des gens cultivés c’est la raison pour laquelle cet art a été, il y a quelques années, près de disparaître définitivement. Insistons encore sur le mot yoga (ou do). Pour le réaliser il est nécessaire de déconnecter les pensées, exactement comme pour jouer du bâton avec harmonie et vitesse. Nous sommes seulement là, relaxés et ouverts, pour recevoir les attaques de l’adversaire et équilibrer cette énergie avec une défense et une contre-attaque, ou coupe.

Nous savons que c’est la racine sanskrite yug qui a donné yoga, mais aussi, en portugais, jug des boeufs (joug) et conjuir (conjuguer). Cette racine a-t-elle également donné aussi le mot jogo ? Peut-être. Je réaffirme que jouer au bâton c’est conjuguer les énergies physiques et spirituelles, c’est atteindre le mouvement juste et l’équilibre parfait. Jouer est beaucoup plus important que combattre, mais ceci a toujours été difficile à comprendre.

Ame secrète du portugal.